L’embornier et le congre

© Photo Philippe Joachim

Le congre, il se prend tout seul quand il veut…

Prédateur vorace, le congre chasse de nuit poissons, crustacés et poulpes. C’est en venant dévorer une prise dans le filet qu’il se fait prendre quelquefois. Tournant alors sur lui-même et dans tous les sens pour se dégager il enroule les mailles. Démêler une torque([Torque ou touarque : toile entortillée autour d’une bouillie de chair mâchée et d’arrêtes)] de fiella relève parfois du cauchemar.

Le congre noir (Bec fin) vit dans les petits fonds rocheux, les enrochements des digues. Le congre blanc (Commun) affectionne les épaves, la vase et les éboulis rocheux des grands fonds jusqu’à 300m.

Au moment de la maturation sexuelle, entre 5 et 15 ans, le squelette se décalcifie, les dents tombent et ces adultes meurent après le frai. Celui-ci a lieu en été, en eau profonde, et la femelle pond entre 3 et 8 millions d’œufs.

Les larves, transparentes et pélagiques restent entre 100 et 200m de profondeur pendant 1 à 2 ans. Après leur métamorphose, elles gagnent les eaux côtières peu profondes.

Les congres se capturent, par sourd de lune([Nuits d’obscur car le congre craint la lumière et la lune)], à la palangre armée d’un fil costaud et de gros hameçons, au trémail([Filet à 3 nappes superposées pour les poissons de fond. La battude est souvent trémaillée, elle se compose d’une nappel simple qui affleure et d’un trémail à sa base)], à la battude trémaillée ou encore dans une nasse : l’embornier.

L’embornier

Embornier

© Photo Joseph Marando

Les mots de Clairin* : «On a le jambin ou l’embornier, une nasse exprès pour le congre, une nasse d’1m à 1m50 de long pour 50cm de diamètre. On esque ce panier avec du poulpe que l’on a fait un peu brusqué (brûlé). Rien que l’odeur… Le congre, il marche à l’odeur. Tu le laisses toute la nuit avec du poulpe amarré entre 2 bâtons. Tu le mets de manière que le congre ne peut pas l’attraper ou s’il essaie, il rentre la queue. Car tant qu’il a un bout de queue dehors, il ressort, il fait marche arrière. Il y a un filet devant l’entrée, un filet qui fait bourse et qui s’écrase en venant dedans. Alors à l’intérieur, il est très aplati. Le congre, il trouve pas la place pour pouvoir passer. Mais s’il y a laissé la queue, il fait marche arrière et il ressort. Et il rentre que s’il est obligé. Lui, il le sait qu’il a une queue mais quand il peut pas attraper l’esque, tant dès fois il se laisse aller et il rentre. La murène, c’est un peu comme ça aussi mais en principe les murènes sont un peu moins grosses, quoiqu’il y en a de belles. Et puis alors la murène, c’est combatif. On cale pour les congres mais le congre, il a peur de la murène. Si dans le panier, il rentre une petite murène, le congre il rentre plus. Ca fait que tu n’en prends jamais !
»

* Clairin Deïnès, ancien pêcheur du Brusc

*Texte pour la fiche "Congre" réalisée par le Comité Local des Pêches Maritimes et des Elevages Marins du Var avec la participation du Conseil Général du Var, du Conseil Régional PACA, de l'OFIMER et des Prud'homies du Var.

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