Actualités du 9 au 13 mars 2009

- France, Méditerranée : "Non à la thonaille" de la Cour européenne de justice - France : Marché, une baisse des prix qui inquiète - France : L'ormeau de Groix est nourri aux algues - Somalie : Des soldats de l'Union Africaine blessent un pêcheur somalien - Les îles du Pacifique s'inquiètent de la prolifération d'espèces étrangères dans leurs eaux - Echos du COFI, 28ème session à Rome 4-6 mars 2009 - La société civile interpelle les industriels de l'aquaculture

France, Méditerranée : « Non à la thonaille » de la Cour européenne de justice

La Cour européenne de justice ré-affirme l’interdiction de la thonaille puisque c’est un filet dérivant, même s’il ne dérive pas (!) et ce, « sans discrimination » même si cet engin traditionnel ne capture que peu de thons rouges (300 t sur un quota de 5 500 t), avec une très faible incidence sur les dauphins, et qu’il permet de rentabiliser une flottille artisanale de 83 navires de moins de 14 m, sur une zone de 55 000 km², durant 5 à 8 jours par mois entre mai et octobre… alors que le quota restant (5 200 t) est exploité par une flottille industrielle. Dans sa logique juridique, la cour de justice européenne, par son arrêt du 5 mars 2009, rejette le recours de la France pour la thonaille et la condamne pour n’avoir pas pris les mesures nécessaires pour faire respecter l’interdiction de ce métier. Ce faisant, elle met sérieusement en danger la petite pêche artisanale méditerranéenne, l’environnement littoral et le rapport harmonieux de l’un avec l’autre qui s’est développé au cours des siècles par la gestion prud’homale. Finalement, ce sont les pêcheurs d’abord, l’environnement ensuite, la collectivité enfin qui font les frais de ce genre d’interdiction généraliste…

Source : L’Encre de mer, 9 mars 2009

France : Marché, une baisse des prix qui inquiète

Les cours sont anormalement bas sous les criées françaises, suscitant l’inquiétude chez les producteurs. D’un côté, les apports remontent progressivement en charge et, de l’autre, la demande reste faible sur toutes les espèces, du fait de la crise économique. « Des pays comme l’Islande ou la Pologne exportent sur la France des quantités importantes de cabillaud à bas prix. Ecossais et Irlandais du nord font la même chose avec la lotte et la langoustine, profitant de la baisse de leur monnaie par rapport à l’euro. Les Anglais adoptent une stratégie identique pour la sole. Les Espagnols, eux-mêmes, essayent de vendre en France du merlu à très bas prix qui ne trouve pas preneur chez eux. »

Source : Benoît Lobez et Philippe Urvois,
Le Marin, 6 mars 2009

France : L’ormeau de Groix est nourri aux algues

Groix, désormais élève ses ormeaux. Groix Halieutis est le deuxième producteur en Bretagne. Dans le Nord Finistère, le fin gastéropode est élevé dans des cages immergées en mer. Ici, l’ormeau est produit à terre. Le mollusque évolue dans de grands bacs de 700 litres, disposés en rayonnage, sur quatre niveaux, à l’abri de la lumière. Il se nourrit « à 90% de granulés, sans OGM, à base d’algues, enrichis d’oméga 3 et à 10 % d’algues cueillies à marée basse autour de l’île.

Source : Charles Josse,
Ouest-France, 4 mars 2009

Somalie : Des soldats de l’Union Africaine blessent un pêcheur somalien

Des soldats de l’Union Africaine basés dans la capitale de la Somalie, Mogadiscio, ont blessé un pêcheur somalien et détruit des bateaux de pêche mercredi 4 mars. « Nous étions en pêche à environ 40 milles au sud de l’aéroport quand des soldats ougandais, embarqués sur de petits bateaux, ont ouvert le feu sur nous sans sommation. Nous pensions qu’ils étaient des gardiens de la paix, mais nous les considérons maintenant comme nos ennemis. Nous ne sommes pas des pirates, nous sommes des pêcheurs en quête de notre nourriture quotidienne », témoigne un pêcheur somalien.

Source : Shabelle Media Network,
Traduit de Samudra Alert News, 11 mars 2009

Les îles du Pacifique s’inquiètent de la prolifération d’espèces étrangères dans leurs eaux

Cette prolifération d’espèces étrangères porte atteinte aux activités de pêche, aux sources de revenus des populations, ainsi qu’à leur santé. Ces espèces peuvent produire des substances toxiques qui, absorbées par des coquillages ou des poissons peuvent affecter la santé des humains qui consomment ces produits de la mer.


Source : Radio New Zealand International,
Traduit de Samudra Alert News, 12 mars 2009

Echos du COFI, 28ème session à Rome 4-6 mars 2009

Assurer des revenus durables aux pêcheurs artisans et traditionnels

Le Forum mondial des peuples pêcheurs (WFFP), le Collectif international d’appui aux travailleurs de la pêche (ICSF), et le Comité international de planification pour la souveraineté alimentaire (IPC) sont intervenus lors de la 28ème session du Comité des pêches (COFI) de la FAO à Rome le 4 mars dans un atelier intitulé : « Pour une pêche durable : pêche responsable et droits sociaux ». Ils ont proposé à la FAO d’ajouter un chapitre au « Code de conduite pour une pêche responsable » sur le développement durable de la pêche à petite échelle de sorte que « les femmes et les hommes de la pêche, et les communautés indigènes aient accès à leurs droits sociaux, économiques et culturels, ainsi qu’à leurs droits civiques et politiques. » Ils ont souligné que la pêche à petite échelle assurait la moitié des captures mondiales en mer et en eau douce, participait à la sécurité alimentaire et employait plus de 90 % des pêcheurs.

Source : ICSF
Traduit de Samudra Alert News, 9 mars 2009

La société civile interpelle les industriels de l’aquaculture

Le groupe formé par WFFP, ICSF et IPC a mis en avant la forte résistance manifestée par les populations d’Amérique latine, Asie et Afrique envers le développement anarchique et incontrôlé de l’aquaculture industrielle qui s’avère destructive et sa certification comme action durable. Concernant les tentatives de développement de l’aquaculture en Afrique, le groupe insiste sur la nécessité de protéger le droit de produire des alevins, en particulier pour les petites unités locales et indépendantes. Il souligne également l’importance de favoriser les systèmes d’agriculture et d’aquaculture intégrées qui utilisent les sources de nourriture locales. L’introduction d’espèces de poissons génétiquement modifiées devrait être évitée. Le groupe demande un nouveau système de certification incluant des critères sociaux afin d’éviter les expropriations, le surendettement, d’assurer l’approvisionnement des marchés locaux et de protéger les conditions de travail et de vie des employés des fermes aquacoles.

Source : ICSF
Traduit de Samudra Alert News, 5 mars 2009

Fanny Brun

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