Actu-Environnement- 28/12/2009

Copenhague : le syndrome de la table rase

… tant que les énergies fossiles restent les énergies les moins chères de toutes, elles seront consommées sans limites. Le fait que Copenhague n’ait pas touché aux énergies fossiles revient à donner la victoire à l’OPEP et aux compagnies pétrolières. L’or noir et le charbon vont demeurer des valeurs sûres pour les spéculateurs, et les carburants majeurs de la croissance…

Avec ses marchés carbone truffés de compensations (offsets) et d’échappatoires légalisés, le protocole de Kyoto, trois ans avant son échéance de 2012, affiche un bilan mitigé : les émissions mondiales auront augmenté d’un tiers depuis 1990. Ses mécanismes de flexibilité auront permis aux pays industrialisés d’effectuer des réductions arithmétiques de leurs émissions grâce à des investissements à bon marché dans les pays émergents en échange de crédits carbone…

Vue depuis le Sud et les pays dits émergents, la compensation de la dette écologique du Nord est un préalable à tout dialogue… A aucun moment le Président Obama n’a reconnu que les Etats-Unis sont les principaux responsables historiques du changement climatique planétaire. Comme si les pays industrialisés (…) pouvaient naturellement continuer à s’arroger le droit d’utiliser en priorité les énergies fossiles du monde…. Inconsciemment, les dirigeants des pays industriels ont cru pouvoir s’exonérer de leur responsabilité historique, grâce à une opération inouïe de greenwashing global où les ardoises du passé devaient être solubles dans les miraculeux objectifs de long terme mis en avant pour 2050…

Au bout du compte, ce n’est que si les pays développés réduisaient de 213% leurs émissions d’ici à 2050 que les pays en développement pourraient maintenir leur niveau d’émission per capita (compte tenu de l’augmentation de leur population). Autant dire que cette ardoise est ineffaçable. Entre 1800 et 2008, les pays développés ont accumulé une dette carbonique de 159 gigatonnes de carbone…

Comment effacer l’ardoise du passé et repartir tous ensemble vers un horizon décarboné ? La solution aurait pu être financière… Le prix du pardon a été estimé par une étude des Nations Unies à 500 milliards de dollars par an, soit un pour cent du PIB mondial (…) pour financer ce qui s’apparente à rien moins que l’équivalent d’un Plan Marshall de transformation du système énergétique mondial… L’aumône de 30 milliards de dollars accordée du bout des lèvres pour 2010-2012 dans la déclaration finale, a été reçue comme une insulte par le G 77…

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