L'encre de mer n° 24-25 - Encart

Quelle leçon tirer de 50 ans de productivisme ? Un système expansionniste qui peut devenir coûteux pour la collectivité…


Ressources et zones marines sont dévolues par l’Etat aux unités de pêche les plus modernes pour être compétitives sur un marché élargi. Aux composantes locales précédentes s’ajoutent des composantes potentielles : ouverture du Marché Commun de la conserve, stocks potentiels (sardines, anchois, thons, merlus…), zones potentielles du large repérées par des organismes de recherche, arrivée des pêcheurs rapatriés, sources de financement liées aux plans de relance…

Cette logique productiviste est fondée sur une forte intervention étatique : suppression des limites réglementaires prud’homales, recherche technologique et de prospection maritime, organisation de circuits de distribution et de commercialisation pour des produits fortement périssables (criées, halles à marée, machines à glace, conserveries…), aména-gements portuaires et organisation de circuits d’avitaillement, incitation financière à la modernisation et l’inno-vation technologiques et à la spécialisation pour des techniques intensives…

Cette compétition technologique conduit à une segmentation de la flottille, entre une flotte à forte capacité de capture et des petits métiers de moins en moins nombreux qui tendent à se spécialiser vers des techniques artisanales intensives, ou à se reporter sur les espèces à haute valeur marchande sur les marchés locaux…

Gouvernance : Fondée sur la liberté individuelle d’innover et investir , cette forme d’administration s’oppose au maintien des communautés de pêcheurs. Les Prud’homies sont désavouées par leur administration de tutelle qui investit dans d’autres structures professionnelles (comités des pêches, organisations de producteurs…). Les prud’homies persistent dans l’organisation de l’activité là où les petits métiers sont en compétition pour les zones de pêche (étangs, bordure littorale), elles tentent parfois de concilier petits et grands métiers et de préserver les territoires de pêche en but à l’industrialisation, l’urbanisation, l’essor du tourisme et les activités de loisirs.

C’est un mode d’administration expansionniste qui permet d’accroître fortement les quantités débarquées et d’étendre la filière et les emplois induits, tant que le renouvellement de la ressource, et des zones de pêche se prête à ce rythme d’exploitation et que les marchés absorbent les apports. Dans le cas contraire, il peut devenir coûteux à la collectivité de réguler et contrôler :
- l’effort de pêche (financer la casse d’anciens bateaux et la construction de plus modernes, limiter l’effort de pêche et les débarquements),
- l’accès aux zones de pêche (accords de pêche),
- les apports et ventes au jour le jour (prix de retrait),
- l’impact sur l’environnement…

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