Pour une mer solidaire…

Quai des pêcheurs à Sanary (83)

Les pêcheurs dans un étau :

- D’un côté, dans le cadre d’un mouvement général d’appropriation du vivant, au Nord comme au Sud, la réforme de la Politique Commune des pêches de l’Union européenne milite pour la privatisation des ressources marines vivantes (outil de concentration par les droits de pêche individuels transmissibles).

- D’un autre côté, le mouvement environnementaliste fait pression, au nom de la préservation de la biodiversité, pour la sanctuarisation de zones de pêche, quand ce ne sont pas des intérêts miniers, énergétiques ou touristiques qui dégradent ou réduisent ces territoires de pêche.

Revenir aux fondamentaux :

– les pêcheurs produisent de la nourriture, ce qui, dans une période où la pénurie alimentaire est une réalité ou une menace selon les pays, est à considérer en priorité,
– les pêcheurs ont la capacité de s’impliquer, avec efficacité, dans la gestion des territoires maritimes : gestion de la ressource et des écosystèmes, répartition et conciliation des droits d’usage halieutiques ou autres, modèles de gestion collective à propos d’une ressource et de zones communes, rôle de sentinelle sur le milieu, la ressource et le climat…
– les communautés de pêcheurs (hommes et femmes associés) sont des maillons essentiels, bien que dévalorisés, du tissu littoral,
– les droits fondamentaux des marins doivent être respectés (conventions 2006 et 2007 de l’OIT).

Le Groupe Mer demande au CCFD, dans le cadre de ses actions liées à la souveraineté alimentaire, aux migrations internationales, aux droits humains et à la reconnaissance de la place des femmes :

1°) D’instaurer un débat général dans les ONGs de développement et collectifs qui lui sont associées (CRID, CIDSE…) sur :
– la révision de la Politique Commune des Pêches, en raison notamment du risque d’appropriation privative d’une ressource qui a toujours été un Bien Commun,
– la politique de sanctuarisation des zones marines au mépris des droits historiques des communautés de pêcheurs et de leurs rôles dans la gestion des territoires marins,
– le volet externe de la PCP, l’ouverture du marché des produits de la mer et la déstructuration, au Nord comme au Sud, des communautés de pêcheurs qui peut en découler.
– la situation des marins issus des pays du Sud, embarqués en Europe ou ailleurs, parfois proche de l’esclavage (développement de la pêche illégale, etc.).

2°) D’affirmer la place et les positions des ONGs de développement auprès de diverses instances et réseaux pour préserver l’avenir des pêcheurs (approche inaugurée par le R.P. Lebret) et les intégrer dans une gestion efficace des zones marines. Organiser une rencontre avec le CRID  pour définir la position des ONGs de développement sur la réforme de la PCP.

3°) D’appuyer les ONGs de développement pour relayer la parole des pêcheurs, soutenir leur représentation politique, diffuser leurs modèles de gestion collective des ressources et des territoires, promouvoir la reconnaissance du droit des femmes dans la pêche.

4°) De développer des réflexions et initier des enquêtes, notamment sur la situation des marins pêcheurs issus des pays du Sud.

5°) De maintenir l’engagement du CCFD sur les questions maritimes car il est l’une des rares ONGs de développement à s’y intéresser, et de soutenir l’action de l’Observatoire des droits des marins qu’il a contribué à fonder.

Texte du groupe Mer du CCFD tire la sonnette d’alarme pour préserver l’avenir de la pêche artisanale, la seule qui a les moyens d’être durable en l’état actuel.

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