Interdiction par l’Europe de tous filets dérivants : les pêcheurs artisans sont excédés…

LETTRE DE l’UNION INTERSYNDICALE DES PETITS METIERS DE PECHE DE MEDITERRANEE A MADAME DAMANAKI, COMMISSAIRE EUROPEENNE A LA PECHE

Madame la commissaire,

POURQUOI CET ACHARNEMENT de la COMMISSION CONTRE LA PETITE PECHE COTIERE DE MEDITERRANEE ?

Après avoir organisé et favorisé le pillage de la ressource « poisson bleu et thonidé » dans les années 1990/2000 en autorisant et en subventionnant des bateaux sur-dimensionnés (Senneurs) et sur motorisés ( chalut pélagique), la Commission s’en prends aux tous petits métiers de la pêche.
Après avoir interdit la THONAILLE en 2007, au plus gros de ces petits métiers (12m), sous prétexte qu’ils pêchaient accidentellement quelques spécimens d’espèces protégés (dauphins), la commission fait interdire maintenant TOUS les autres filets maillant dérivant à petites mailles et avec un fil très fin sous prétexte que ces filets risqueraient de pêcher un THON !!!!
Dans le cadre de leur reconversion et de la polyvalence des petits métiers de la pêche en méditerranée, ces filets sont utilisés pour pêcher toutes les espèces pélagiques, de la sardine et anchois aux maquereaux et bonites, etc….
C’est avec ces filets que les petits métiers pêchent les appâts qu’ils ont besoin pour pêcher a la palangre ou a la ligne. Indirectement c’est leur interdire de pêcher à la palangre ou à la ligne.
Avoir et vouloir interdire ces filets, c’est mettre en grande difficulté les petits pêcheurs qui les utilisent. Ce n’est pas protéger une quelconque ressource. Il vaut mieux autoriser, réglementer, contrôler.
Prévoyez vous une indemnisation pour ces Pêcheurs?
Après cela, quel sera le prochain métier ou engin interdit par la Commission Européenne ??? Le GANGUI peut être?
Je vous rappelle que les petits métiers de la pêche débarquent de faible quantité de poissons d’espèce diverses ( voir leur journaux de captures), que leur rôle dans nos sociétés est d’approvisionner les populations locales en nourritures fraiches, propres, à des prix justes, que toute leur pêche est valorisée et qu’ils ne rejettent RIEN.
Leur pêche c’est de la nourriture au profit des populations locales, ce n’est pas des marchandises que l’on transporte de l’autre coté de la planète.
Avant, la pêche en Méditerranée Française était gérée par les Prud’homies de pêche, les ressources étaient correctement protégées, et les pêcheurs travaillaient sereinement dans l’abondance.
Avec son mode de gestion basée sur des interdictions et contraintes en tout genre, la Commission Européenne est en train d’ inventer la PECHE ILLEGALE en Méditerranée, et le marché noir qui en découle, mettant toute la filière en difficulté.
La Communauté Européenne, la France et les autres états membres concernés, avec les restrictions budgétaires qu’ils mettent en place, n’auront pas les moyens de combattre le BRACONNAGE et le marché noir. Ni même d’indemniser les petits pêcheurs concernés.
En cette période de crise financière, de restriction, qui n’épargne personne, je vous prie, Madame la Commissaire, de bien vouloir revenir sur vos positions à l’égard de la petite pêche côtière, et de laisser travailler ces petits pêcheurs dans un minimum de sérénité, les ressources marines ne s’en porteront que mieux.
J’avais sollicité un rendez vous en MAI 2010, pour une délégation de prud’hommes pêcheurs de Méditerranée Française, pour évoquer, tous ces problèmes. Pour vous cela n’était pas possible et nous n’avons eu aucune réponse de vos services. Est-ce que cela montre le désintérêt de la Commission envers la petite pêche côtière?
Je renouvelle ici, ma demande de rendez vous.
Au nom des petits pêcheurs de Méditerranée, je vous prie d’agréer, Madame la Commissaire, l’expression de mes salutations les plus respectueuses.

Didier RANC
Président de l’UIPMPM
( Union Intersyndicale des Petits Métiers de Pêche de Méditerranée).
Ancien Prud’homme Pêcheur
Membre du CRPMEM-PACA et du CNPMEM

NDLR : Comme maintenant les thons qui prolifèrent sur les côtes provençales sont même capturés incidemment par des filets de fond sur le littoral, va falloir que la Commission interdise tous les filets ! Engin millénaire, le filet dérivant a toujours été considéré, sur nos côtes provençales, comme étant celui qui avait le moins d’incidence sur l’environnement puisqu’il n’avait aucun contact avec le fond mais nos responsables européens suivent des lobbies généralistes qui n’ont cure des pratiques locales et de leur adaptation aux écosystèmes. A quand la reconnaissance de plans de gestion locaux comme les plans de gestion prud’homaux plutôt que des réglementations prises d’en haut pour des intérêts  partisans (industriels, touristiques ou environnementalistes…) ?

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