Thon rouge : une meilleure répartition des quotas pour la pêche artisanale

pêche palangre, photo Sophie MarrySuite à leur manifestation à Paris, les petits métiers du Languedoc-Roussillon ont obtenu une petite part supplémentaire du gâteau pour les pêcheurs artisans, gâteau jusqu’alors dévolu presqu’entièrement aux quelques grands senneurs.

« Les quotas passent de 117 tonnes à 230 tonnes et nous disposerons de trente permis de pêche spéciaux pour le thon », explique dans un article de Midi Libre (3/10/12) Jimmy Rodriguez, premier Prud’homme de Valras-Plage, président de la commission thon rouge du Languedoc-Roussillon et vice-président du syndicat des petits métiers. « Cinquante pêcheurs avaient le droit de pêcher le thon jusqu’à présent, ils seront désormais 87 en Méditerranée. Au niveau du syndicat des petits métiers du Languedoc-Roussillon, nous disposerons de 70 tonnes, c’est-à-dire environ 2 tonnes par bateau, sachant que nous sommes une trentaine. »

La requête des pêcheurs aux petits métiers est soutenue par Greenpeace, un retour de l’histoire quand on sait que Greenpeace fut à l’origine d’une campagne contre les filets dérivants. Cette campagne visait des pêches intensives dans le Pacifique qui décimaient de nombreux mammifères. Relayée par d’autres lobbies, cette campagne a abouti à une éradication généralisée des filets dérivants à thons, et notamment de la thonaille pratiquée par les petits métiers de Méditerranée. Depuis, certains de ces pêcheurs se sont reconvertis à la ligne ou la palangre mais sont fortement contraints par le nombre de permis et la quantité de quota qui leur est allouée alors que, malgré les campagnes médiatiques, le thon est actuellement l’espèce la plus abondante sur le littoral méditerranéen. Autre composante rarement évoquée, contrairement aux senneurs, ces petits métiers ne pêchent pas sur les zones de frayères…

« Les pêcheurs artisans ont eu, hier, le courage de faire entendre une voix différente de celle qui est portée par les instances sensées représenter la profession. 50 adhérents du Syndicat des Petits Métiers de Languedoc Roussillon ont sacrifié une journée de pêche, ont fait le trajet jusqu’au Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie à Paris pour réclamer plus de justice dans la répartition des quotas de thon rouge pour 2013. Nous étions là, à leurs côtés, parce qu’il nous parait évident que ces pêcheurs artisans, qui pêchent à la ligne ou à la palangre, quelques mois de l’année, sur des embarcations de moins de 12 mètres, ne sont pas ceux qui ont épuisé la ressource. Ils sont ceux qui l’ont respectée pendant des décennies avant qu’elle ne soit décimée par la pêche industrielle, et aujourd’hui, les premières victimes de la surpêche pratiquée par les senneurs en Méditerranée.

Aujourd’hui au niveau national on estime que ces pêcheurs artisans ont 10% du quota, alors qu’ils représenteraient 84% des embarcations en Méditerranée. En France, les quotas de pêche de thon rouge ont été largement dépassés, notamment en 2007, et depuis deux ans, tous les pêcheurs de thon rouge sont mis à l’amende et leur quota rabaissé à 958 tonnes par an. Cette restriction s’applique à tous les pêcheurs de thon rouge, que ce soient des artisans ou des industriels, alors que ce sont évidemment les pêcheurs à la senne qui ont dépassé le quota.

En 2013, la France aura fini de payer ses dettes, en quelque sorte, et retrouvera un quota global estimé à 2500 tonnes. Greenpeace a toujours demandé l’interdiction de la pêche industrielle à la senne et soutient la demande des pêcheurs artisans sur une répartition plus juste à l’intérieur de ce quota existant… Non seulement leur pêche est sélective et à petite échelle, mais elle crée aussi plus d’emplois que la pêche industrielle par tonne de poisson pêché : pour la même quantité de poisson pêché, la pêche artisanale représente 4 à 6 fois plus d’emplois que l’industrie thonière à la senne. Enfin, contrairement aux produits de la pêche issus de l’industrie thonière qui nourrissent le marché japonais, ceux issus de la pêche artisanale au thon rouge sont valorisés localement. »

 

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Une réponse à Thon rouge : une meilleure répartition des quotas pour la pêche artisanale

  1. Marck dit :

    «Le total des captures permises pour 2013 et 2014 a été fixé à 13 500 tonnes», a indiqué Susan Sainz-Trapaga de WWF, en se disant «satisfaite» de cette décision prise à Agadir (sud du Maroc) par les membres de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Cicta), qui réunit 47 pays et l’Union européenne.

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