Gangui : une mesure européenne contre-productive

photo ©F.Bassemayousse

photo ©F.Bassemayousse

Imposer une taille minimale de 40 mm aux ganguis, assimilés par la Commission Européenne à des chaluts, est contre-productif. Les études scientifiques montrent que la mortalité des juvéniles est bien plus grande qu’avec une maille de 20mm. Le report de cette activité sur les autres métiers accentuera la pression sur des espèces et des zones déjà exploitées. C’est déjà une des conséquences de l’arrêt de la thonaille.

Si la petite pêche méditerranéenne – probablement l’une des plus « artisanales » de l’Europe – ne peut plus survivre avec sa diversité, la polyvalence de ses pêcheurs et sa gestion prud’homale, c’est que la Politique Commune des Pêches est réellement dévolue aux pêches industrielles et intensives…

Ci-après : un communiqué de presse et une lettre au Ministre
par le Comité départementale des pêches du VarMaritimes et des Elevages Marins

Communiqué de presse :

Gangui au Salins d'Hyeres, photo E. TempierLe gangui et le petit gangui sont des métiers traditionnels pratiqués sur nos côtes et à l’origine des spécialités culinaires locales, telles que la soupe de poissons de roche et la bouillabaisse.
La Commission européenne veut faire appliquer rapidement une réglementation qui va entraîner des effets négatifs sur la ressource et l’environnement.
Les pêcheurs provençaux ont démontré depuis des années, au travers d’études scientifiques, la durabilité de leur métier. Ils ont également étudié l’impact de cette réglementation européenne qui entrainera un effet destructeur sur les herbiers de posidonie, et sur la sélectivité, c’est à dire une augmentation de la capture d’espèces juvéniles.
L’équilibre entre les divers métiers de la pêche pratiquée dans le Var est menacé car les pêcheurs au gangui vont reporter leur effort sur d’autres activités, zones et ressources déjà exploitées et en équilibre.
Cette réglementation va mettre en difficulté l’ensemble des entreprises de pêche, mais également les emplois à terre des entreprises de transformation qui découlent de cette activité et la Commission n’en a que faire !!!
Grand classique de nos rivages, la soupe de poissons se compose de petits poissons de roche (sars, girelles, serrans, labres, petits mulets, gobies, etc.), qu’il ne sera plus possible de pêcher. L’absence de soupe et de bouillabaisse engendrera une grosse perte économique et touristique locale.
photo captures du ganguiLes pêcheurs au gangui et petit gangui ne demandent qu’à travailler comme ils l’ont toujours fait dans le respect de la ressource et de l’herbier.
Nous allons nous battre contre cette décision imbécile, basée sur la méconnaissance de notre métier et sur les pressions des environnementalistes.

Toulon, le 5 décembre 2012
Contact : clpvar@clpmemvar.org
Comité Départemental des Pêches Maritimes et des Elevages Marins du Var
Quai des Pêcheurs – 83000 TOULON


Pour télécharger le communiqué :
COMMUNIQUE DE PRESSE ganguis

Lettre au Ministre : extraits

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