Morceau par morceau, le chameau remplit la gamelle

Nedwa Moctar Nech et Mustapha El Kettab Reportage audio : Mauritanie – L’Encre de Mer

Le 8 janvier 2013, la Chine octroyait à la Mauritanie un montant de 27 millions d’euros destiné à des projets de développement : pour moitié un don non remboursable, pour moitié un prêt sans intérêt, selon la méthode du «package». Moins chères de 30 à 50 % que les offres occidentales, les offres chinoises incluent la construction d’autoroutes, bâtiments, hôpitaux, stades de football, etc .

En matière de pêche, la Mauritanie, qui jouit des eaux parmi les plus poissonneuses de la côte africaine, a conclu avec la Chine un accord pour un durée de vingt-cinq ans, sans limitation de quota sur aucune espèce.

« La Mauritanie a ouvert ses vannes » soulignait M. Dougoutigui Coulibaly, Secrétaire général du groupement des armateurs et industriels de la pêche du Sénégal (GAIPES), en décembre dernier et en marge d’une rencontre avec la presse sur la clôture de la semaine de la pêche durable initiée par Greenpeace Afrique : « Le gouvernement mauritanien a signé un protocole avec un groupe chinois pour 25 ans. Dans ce protocole le nombre de bateaux ainsi que le nombre d’espèces à pêcher sont illimités, un port est mis à leur disposition en un mot dit M. Coulibaly, les chinois ont tout en Mauritanie dans le domaine de la pêche. »*

Pour sa part, Bruxelles avait signé en 2006 un accord de pêche portant sur une durée de six ans, avec un quota de prises de 205 000 tonnes de poissons par an, pour les navires européens, en contrepartie d’un chèque de 305 millions d’euros, soit un peu plus de 30 centimes le kilo de poisson. Les quotas de pêche – et les sommes versées à la Mauritanie – avaient été revus à la baisse à la demande de Bruxelles, les navires de l’Union Européenne ne réussissant pas à remplir les quotas.

Une aubaine de plus pour la Chine, dont le comportement plus « visible » sur place – embauche de pêcheurs locaux et débarquement de leur pêche sur le littoral – fait figure de manne généreuse.

Nedwa Moctar Nech, directrice de Mauritanie 2000

Le film documentaire « Nouhadibou : les poissons ne font pas l’amitié » du journaliste François Reinhardt (agence de presse Hikari Productions) a été projeté dans le cadre du 5e Festival international de films Pêcheurs du monde, à Lorient, en présence de Nedwa Moctar Nech, directrice de l’ong Mauritanie 2000** et de Mustapha El Kettab, directeur adjoint du Centre Européen de Formation Continue Maritime (CEFCM) de Lorient, et de Didier Ranc, patron-pêcheur à La Seyne-sur-Mer, près de Toulon.

« Morceau par morceau, le chameau remplit la gamelle », pourvu que proverbe touareg s’applique aux ONG et à la société civile, « avant qu’il ne reste plus un poisson »….

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