Produits de la mer : entre bénéfices nutritifs et risques sanitaires

Photo Sophie MartyUne étude de l’ANSES sur la qualité sanitaire des produits de la mer, prélevés dans 4 zones françaises, aboutit aux conclusions suivantes : 

  • réduire les pollutions environnementales,
  • diversifier sa consommation de produits de la mer, tant en ce qui concerne les espèces que les sources d’approvisionnement,
  • consommer du poisson 2 fois par semaine, sans oublier les poissons gras,
  • pour les femmes enceintes ou allaitantes :
    • - limiter à 150g par semaine leur consommation de poissons prédateurs (lotte (baudroie), loup (bar), bonite, anguille, empereur, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon…), susceptibles d’être fortement contaminés, conformément aux recommandations des instances scientifiques nationales.
    • - éviter la consommation d’espadon, marlin et siki, susceptibles de présenter des teneurs élevées en mercure.

Si les produits de la mer peuvent être contaminés par des polluants de l’environnement dont les dioxines, les PCB ou le méthyl-mercure, des contaminants qui peuvent avoir des effets néfastes sur la santé en cas de surexposition, ce sont également des aliments qui possèdent des qualités nutritionnelles précieuses. Ils présentent des sources intéressantes de minéraux, comme le phosphore, d’oligo-éléments, comme l’iode, le zinc, le cuivre, le sélénium et le fluor, mais aussi, pour certains, d’acides gras d’oméga 3 dits « à longue chaîne » (EPA, acide eicosapentaénoïque et DHA, acide docosahexaénoique) qui préviennent des maladies cardio-vasculaires et sont nécessaires au développement et au fonctionnement de la rétine, du cerveau et du système nerveux.

Dans ce contexte, les objectifs poursuivis par l’étude Calipso étaient d’acquérir de données sur le comportement des gros consommateurs de produits de la mer (habitudes alimentaires et modes d’approvisionnement), sur les teneurs en acides gras essentiels, en éléments traces métalliques (ETM) et en polluants organiques persistants des aliments consommés, et enfin de mesurer l’imprégnation biologique en oméga 3 et en substances chimiques des gros consommateurs (biomarqueurs sanguins et urinaires).

Principaux résultats de CALIPSO

  • le niveau de contamination des produits de la mer consommés sur les côtes françaises se situe globalement au-dessous des seuils à risque fixés par la réglementation,
  • seuls les plus forts consommateurs de produits de la mer absorbent des doses de contaminants légèrement supérieures aux seuils d’alerte,
  • aucun produit de la mer ne cumule en fortes teneurs l’ensemble des contaminants,
  • les poissons les plus riches en oméga 3 et en polluants organiques persistants sont souvent les mêmes (saumon, maquereau et sardine en particulier),
  • les produits de la mer qui contiennent des éléments traces métalliques sont variés,
  • la couverture des besoins nutritionnels en oméga 3 est facilement atteinte par la seule consommation de poissons au moins 2 fois par semaine, dont un gras.
Réalisée de 2003 à 2006 par l’Agence, le ministère chargé de l’agriculture et l’INRA dans 4 régions côtières françaises, l’étude CALIPSO(Consommations Alimentaires de poissons et produits de la mer et Imprégnation aux éléments traces, polluants et oméga 3) a cherché à évaluer les bénéfices nutritionnels et les risques de contamination pouvant résulter d’une forte consommation de produits de la mer. Les recommandations centrales qui en résultent sont de diversifier sa consommation de produits de la mer, tant en ce qui concerne les espèces que les sources d’approvisionnement.
 
Pour voir l’étude : qualité sanitaire des produits de la pêche, étude calipso
 

Recommandations pour la population générale

  • Consommer 2 portions de poissons par semaine, dont un poisson gras (à forte teneur en oméga 3 à longue chaine) -saumon, sardine, maquereau, hareng, truite fumée-
  • Varier les espèces et les lieux d’approvisionnement
  • Limiter à 2 fois par mois la consommation de poissons d’eau douce fortement bio-accumulateurs (anguille, barbeau, brème, carpe, silure)
  • Cuire à cœur le poisson de mer frais
  • Pour une consommation de poisson cru :
    • vider rapidement votre poisson après achat ou demander à votre poissonnier de le faire
    • congeler le pendant 7 jours dans un congélateur domestique avant de le consommer
  • Éviter la consommation de coquillages, s’ils ne proviennent pas d’une zone d’élevage autorisée et contrôlée
  • Consommez les coquillages et fruits de mer crus dans les deux heures qui suivent la sortie du réfrigérateur.

 Conservation du poisson et des produits de la pêche

Pour en conserver la qualité, il est recommandé de :

  • Utiliser un sac isotherme lors du transport jusqu’au domicile ;
  • Vider immédiatement votre poisson ou demander à votre poissonnier de le faire
  • Conserver ces aliments dans la partie la plus froide de votre réfrigérateur entre 0 et 4 °C ;
  • Les consommer de préférence le jour même de l’achat, ou dans les 48 h.

 Recommandations destinées aux populations sensibles 

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