Photo’med 2015, bienvenue, bienvenida, karşılama, benvenuti…

Sans titre #156, 1990 © Jorge Ribalta

Sans titre #156, 1990 © Jorge Ribalta

Né de la volonté de « montrer ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise », la cinquième édition de Photo’Med, le Festival de la photographie méditerranéenne se tiendra du 28 mai au 21 juin : à Sanary-sur-Mer son berceau et point d’ancrage, Bandol, sur l’île de Bendor, à l’Hôtel des Arts de Toulon et, désormais les communes Sud Sainte Baume.

 « La Méditerranée au fil du temps : de l’histoire ottomane à la modernité espagnole »

 A Sanary, ville de Marius Michel dit Marius Pacha, nommé directeur des phares et balises de l’empire ottoman par le sultan Abdülcemit 1er (1855) après avoir remporté l’appel d’offre pour leur rénovation, c’est le précieux travail de collecte de cartes postales du chirurgien turc en retraite et féru d’Histoire Sacit Kutlu (400 cartes postales qui ont fait l’objet de l’ouvrage « Didar i Hurriyet » – en turc, hurriyet signifie la liberté – publié par l’université Bilgi d’Istanbul, 2004) qui s’exposera : « deux raisons nous ont guidé dans le choix d’exposer des fac-similés de ces cartes. D’une part, pour la plupart d’entre elles, la légende, écrite côté image comme cela se faisait à l’époque, est en français », indiquent Philippe Sérénon et Philippe Heulant, les co-fondateurs de Photo’Med, « d’autre part, pour célébrer la relation historique de Sanary avec la Turquie. C’est une occasion unique de voir comment cette histoire commune a été vécue par delà les Dardanelles.» Comme une adresse à l’actualité, que ces cartes postales. Lors de la guerre de Crimée (1854-1856), la France, le Royaume Uni et ce qui allait devenir l’Italie étaient aux côtés de l’Empire ottoman contre la Russie, avant de le reconnaître par le Traité de Vienne, comme membre du concert européen.

La Turquie, pays à l’honneur du premier Photo’Med en 2011, avec l’immense Ara Güler. Cette année, le festivalier pourra constater les « blocs de logements des villes pour absorber l’exode rural », grâce aux cinq années de voyage à travers la Turquie, du britannique George Georgiou. Un pays chaque année à l’honneur, c’est le principe de Photo’Med. Cela ne veut pas dire qu ‘il disparaît l’année suivante, au contraire. Une porte s’ouvre chaque année, qui plus jamais ne se referme : comment oublier le regard de Martin Paar de l’agence Magnum, sur le plagisme de masse à Benidorm en Espagne ? Rendez-vous cette année avec le « Cabinet des Ombres » de Toni Catany, photographe connu pour ses natures mortes en couleurs, et pour le recours au procédé du « calotype » -   un négatif papier et un positif par tirage contact -, avec les « prises » de vue au sens propre du terme d’Álvaro Sánchez-Montañés, auteur de l’affiche du festival. Juste incroyable. Vous aimerez forcément la collection – 300 photographies  – de l’acteur madrilène et collectionneur Gabino Diego, intitulée « Les femmes et les enfants d’abord». A voir à Sanary même.

photomed 2015

Photo Philippe Joachim ©. Photomed 2015 Les photos de Philippe accompagnent l’Encre de mer, revue et site, depuis le début.

Mais ne faisons pas « le catalogue du catalogue » : celui-ci est en ligne (www.festivalphotomed.com). Notez simplement de ne pas non plus manquer « La grotte aux pigeons» de Randa Mirza (Dalieh, cette péninsule de Beyrouth qui doit son nom au fait que les Phéniciens y élevaient des pigeons-voyageurs, où des baigneurs rivalisent aujourd’hui de prouesses), et d’aller voir « Piémanson » de Vasantha Yogananthan, ce petit coin de Camargue où les estivants défient gentiment la loi littoral. L’Encre de mer « aime ».

 Voir cette Méditerranée avec des yeux neufs

 Photo’med 2015, c’est aussi l’entrée de la vidéo au festival : le lieu dédié en est l’Hôtel des Arts de Toulon. Un étage est réservé à la vidéo poétique, l’autre à la vidéo engagée. Enfin et surtout, chaque année Photo’med vous réserve une primeur. Le Var a vu les inédits de Costa Gavras avant la capitale… mais avec sa très forte complicité. Qui oublierait aussi Jacques-Henri Lartigue et Marc Riboud, lors des éditions précédentes ? Cette année, ce sera la Méditerranée d’Edouard Boubat : « Je commencais mes voyages-reportages pour la revue Réalités où j’ai travaillé pendant plus de vingt ans. Je découvrais le monde : l’Italie, Rome, la Sardaigne, la Sicile, le Gargano, la Grèce, Lesbos, Paros, Jérusalem, Bethléem, le Liban, Alexandrie, l’Egypte, la Tunisie, l’Afrique du nord… et l’année dernière encore en bateau, je vis Delos et l’Italie du sud. Aujourd’hui le miracle de la photographie nous révèle la lumière de la Méditerranée. Pour moi ce n’est pas seulement l’image, c’est quoi ? c’est aussi notre vie à tous, notre corps dans la mer. C’est une invitation à voir cette Méditerranée avec des yeux neufs », écrivait en 1997 celui que Doisneau appelait un « correspondant de paix ».

Un attribut qui convient parfaitement à Photo’Med : car, quoi de plus plaisant que de promener ses épaules nues dans le charmant lacis des ruelles sanariennes ? Mais quid des autres méditerranéens ? « Photo’Med n’est pas Visa pour l’Image », souligne Philippe Sérénon. Mais Photo’Med n’est pas non plus l’aimable récollection de talentueuses images. Après avoir essaimé au Liban (www.photomedliban.com), être allé à Oran, Photo’Med compte bien oeuvrer par delà les clichés. Photo’Med montre ce qui nous rapproche : or, vu le programme, il y a matière.

Www.festivalphotomed.com… et pour ceux qui veulent participer aux concours photos « Visions méditerranéennes », Photomed, en association avec Wipplay et Igers, vous invite à poser votre objectif sur la Mare Nostrum. Attention, date limite, le 20 avril.
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