Rejets Altéo Gardanne : la dernière ligne droite vers la mer… avant cessation !

photo Philippe Houssin Calanques

Photo Philippe Houssin – calanques


Pour que cessent à  jamais
ces rejets nocifs pour le plancton,
le renouvellement de la ressource marine, la richesse de nos fonds marins et la qualité de nos eaux, faites signer le Manifeste à  vos associations, organisations, personnalités !

http://www.collectifslittoral.fr/index.php/fr/

Alors que la décision doit être prise par nos pouvoirs publics avant la fin de l’année, la pression monte. Comme s’il était encore question de s’interroger sur l’acceptabilité de telles pratiques… Brà’ler les protéines de demain n’est plus un luxe que peuvent s’offrir les industriels à  la recherche de profits instantanés, jouer à  la roulette russe l’image de l’environnement littoral et toute l’économie qui s’y rattache, pour le plaisir de quelques actionnaires, attenter à  la sécurité et à  la santé publique et jouer la montre pour se désengager de ses responsabilités vis à  vis de la collectivité et de l’environnement… Bref, tout ce triste jeu, masqué par le chantage de l’emploi, les citoyens n’en veulent plus. Ils l’ont dit clairement lors de l’enquête publique, ils se mobilisent par le biais de très nombreuses associations et de collectifs dont la liste ne cesse de s’allonger. Quant aux pêcheurs professionnels qui sont les plus lésés puisqu’ils subissent depuis 5 décennies une forte diminution de leurs zones de pêche et de leurs prises du fait des boues rouges, ils ne voient pas pourquoi ils n’iraient pas caler leurs engins dans les réserves marines, si les parcs nationaux (les réserves les plus restrictives) sont autorisés à  être des décharges industrielles…

Mobilisation contre des rejets toxiques en Méditerranée :
à  propos de l’Usine d’alumine Altéo de Gardanne
Article sur la revue 38-40 de l’Encre de mer

Lors de l’enquête publique, les habitants du littoral regroupés en collectif intégrant les prud’homies de pêcheurs, les associations de défense de la mer, les scientifiques et les  personnalités du territoire PACA, ont signifié leur opposition commune aux rejets toxiques en mer de l’usine de Gardanne qui :

– par leur ampleur, touche l’ensemble du littoral de Méditerranée française(1),
– présentent des risques importants sur la richesse marine(2), la qualité sanitaire des produits de la mer(3), la stabilité des fonds(4), la pérennité de nos communautés de pêcheurs(5) et le dynamisme de notre économie littorale lié à  l’état et la réputation de nos eaux(6),
– dont les effets présents et à  venir sont mal évalués (effets cumulatifs sur le milieu naturel, pénétration des métaux lourds dans la chaîne alimentaire marine)
– situés en cœur du Parc national des Calanques et dans une zone Natura 2000, portent atteinte à  la crédibilité de ces outils de gestion littorale,
– non conformes aux textes réglementaires, à  la Convention de Barcelone et aux engagements de l’Etat7, portent atteinte à  la crédibilité des normes communautairement admises et au sens des responsabilités de nos élus. ‘

Plusieurs organisations demandent que l’industriel procède au démontage et au recyclage du tuyau, à  terre et en mer, et à  la fixation du substrat sur les fonds pollués.

Par solidarité avec les pêcheurs locaux directement concernés, une bonne part du réseau de la pêche artisanale s’est mobilisée contre cette demande d’autorisation en manifestant son désaccord lors de l’enquête publique(8).

Alteo n’est pas une entreprise aux épaules larges et solides mais la propriété d’un associé unique, un FCPR ou Fonds Communs de Placement à  Risques, avec des pertes chroniques, des garanties financières incertaines et une durée de vie de 5 à  7 ans qui devrait conduire à  changer d’acquéreur en 2016 ou 2017. Il apparaît irréel qu’un état puisse faire porter des risques si importants sur des ressources marines, biens communs des citoyens, sur 30 ans, et qu’il mette dans la même balance des sources d’aliments et le socle d’une économie littorale, avec une entité polluante risquée et non durable

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1) Sans parler des décharges à  terre, de leur impact sur la santé publique des riverains, et de la pollution des nappes phréatiques.
2) Rejet prévu de 270m3/h d’eaux résiduelles pendant 30 ans qui font suite à  des rejets, pendant 50 ans, de 20 à  30 millions de tonnes de boues rouges, chargées en métaux lourds et radioactivité (l’équivalent de 600 à  900 pétroliers).
3) Les études Créocéan 1993 et Ifremer 1992 ont révélé des impacts sur la croissance et la reproduction d’espèces marines.
4) Le rapport de l’ANSES met en évidence des niveaux de contamination notables pour le mercure et le plomb par rapport à  d’autres zones marines.
5) Les boues rouges font un front de sédimentation qui s’étend à  plus de 60 km avec des extensions vers l’ouest. Selon le BRGM, Ifremer et le Plan séisme français : «l’effondrement d’une telle structure générerait un tsunami et une onde de fond capable de remettre en suspension d’énormes quantités de particules fines issues de la décharge ‘.
6) 900 emplois sont liés à  la pêche dans la Région PACA.
7) Le littoral est spécialisé dans les fonctions touristiques et résidentielles fortement tributaires de la qualité environnementale et de son image.
8) Les eaux résiduelles présentent des dépassements, parfois importants, de la valeur toxicologique de référence pour 7 paramètres (arsenic, mercure, chrome, dioxines/furanes/PCB-DL..). Lors de la création du Parc national des Calanques, l’Etat et l’industriel se sont engagés à  supprimer tout rejet en mer au 31/12/2015 afin d’être en conformité avec la Convention de Barcelone
9) Notamment Slow Fish et Slow Food International représentant plus de 100 000 membres dans 150 pays, Medartnet : réseau européen de Méditerranée pour les pêcheurs artisans, Réseau algérien des associations de pêche artisanale, UCPPM : Union de communautés de prud’hommes pêcheurs de Méditerranée, Syndicat professionnels des pêcheurs petits métiers du Languedoc Roussillon, CAPE : Coalition pour des accords de pêche équitables, Collectif Pêche et Développement
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