« Pêcheurs du monde » huitième : le monde a besoin des pêcheurs artisans…

pêcheurs du mondeComment une famille dans un village de pêcheurs tente-t-elle de survivre après les destructions causées par un typhon ? (film « Taklub » du chef de file du cinéma philippin Brillante Mendoza, prix Chandrika Charma par les 2 jurys). La pêche à la baleine sur les îles Féroé n’est-elle pas une gestion durable d’approvisionnement en viande ? Faut-il que les îliens importent des animaux tués ailleurs ? (film « L’archipel » de Benjamin Huguet, prix Mention Spéciale du Jury des professionnels). Au Gujarat, à proximité de la frontière du Pakistan,  des familles indiennes récoltent du sel en plein désert, pendant 8 mois de l’année; une vie hors du temps, tandis que les camions et les avions qui sillonnent le sable et le ciel nous rappellent que nous sommes au 21e siècle… (film « My Name is Salt » de Farida Pacha, prix Jury Jeune, catégorie long-métrage). Des familles de pêcheurs du Delta du Danube, après avoir survécu aux lourdeurs du communisme, doivent affronter la dictature de la  protection de la Biosphère ».  » C’est ça la démocratie ? » s’interrogent-ils (film « Dialogues de Marais » de Idilgo Zonga Plajas, prix du Festival catégorie long-métrage Jury des professionnels).

Huit films campent les enjeux en Méditerranée : le choix du tourisme va-t-il faire disparaître la pêche ? (film « Paysans de la mer, paraules de pescadors » sur la Côte vermeille, de Bernard Arnaud). Et si après l’industrialisation à outrance, une autre vie de la biodiversité était possible ?  (film « Montre moi ton étang » del’association Le Gobie, à propos de l’Etang de Berre). Le film d’investigation « Le thon, la brute et le truand » de Vincent Maillard démonte la puissance de la pieuvre japonaise pour s’emparer des thons de la Méditerranée, tout en lançant un autre regard sur la pratique de la matanza sicilienne…

L’évènement ciné-choc qui marque cette  édition est, sans conteste, la projection en avant première d’ « Océans, la voix des invisibles » de Mathilde Jounot :  une enquête sur la supercherie des ONG américaines environnementalistes qui sont financées, par le biais de fondations, par des sociétés industrielles et financières qui veulent privatiser les océans ! Sous couvert d’écologie, elles se jouent des décisions des COP 21 et s’imposent aux Etats en excluant les peuples des mers. Dans le film « Salmonopoly » de W. Huismann et A.Schuman, les prétendus défenseurs des poissons sauvages et de la biodiversité préparent l’opinion pour imposer le poisson d’élevage et l’aquaculture, sources de profit pour les sociétés agro-alimentaires. Pour un kg de saumon d’élevage il faut pêcher 5 kg de poissons sauvages, pour un kilo de thon d’élevage japonais il faut plus de 15 kg de poissons sauvages…

Une belle édition avec près de 2500 visiteurs et une cinquantaine de films sur des questions peu connues et peu débattues… A ne pas manquer la prochaine, en mars 2017 !

Jacques Chérel et l’équipe du Festival.

 

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