La pêche au thon dans les filets de l’Europe

Alexandre Nasri – Metrofrance.com, à Marseille – le 22 juin 2006

La pêche artisanale au thon rouge, l’un des derniers petits métiers pratiqués en Méditerranée, pourrait disparaître à l’automne sur ordre de l’Union européenne.

Sur une fresque d’une tombe de Tarquinia (Italie), cinq siècles avant Jésus-Christ, on aperçoit, à bord d’une longue barque, un Etrusque tirant un thon hors de l’eau. En Méditerranée, la capture au filet des pélagiques est millénaire. Des textes d’Aristote y font allusion. De nos jours, la pêche au thon artisanale avec des filets maillant posés ne survit plus en Méditerranée qu’avec une flottille de 80 bateaux. Au début du XXe siècle, on comptait encore près de 200 embarcations dans les seuls petits ports du vallon des Auffes à Marseille, et dans les communes proches de Sausset, Carro et Martigues. Ils utilisent des panneaux de filets reliés entre eux et lestés par une ancre qui s’appelle la thonaille.

La première réglementation en Provence remonte à 1431. La dernière pourrait être édictée à l’automne par l’Union européenne, et ainsi marquer la fin de cette pêche ancestrale en Méditerranée. Une interdiction programmée pour deux raisons : écologique, afin de protéger les dauphins des captures accidentelles ; politique aussi, car la tension entre les pays de l’Union sur les droits de pêche est intense. L’Espagne milite pour que l’exclusivité soit donnée aux bateaux de l’Atlantique.

 

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