Ces « petits » qui ne se résignent pas à mourir

Jean-Claude se revendique des « petits », de ces artisans qui font la majorité des pêcheurs en Méditerranée. ..

Dans une des cabanes qui jouxtent la plage de Champigny, perdue derrière les roseaux à quelques kilomètres de Berre, il est venu voir Aline, la jeune femme qu’il a formée au métier et qui arme désormais l’Orchidée, un beau bébé en alu amarré à Port-de-Bouc, et déjà à la pointe du progrès. « Notre moteur consomme peu et le bateau est conçu pour fonctionner à la voile. Comme ça, quand on part l’après-midi au large ou qu’on revient le matin, on peut utiliser les brises marines », explique Jean-Claude. Et le navire est aussi équipé de panneaux photovoltaïques.

« Les 3 ou 4 000 litres consommés chaque jour par les chaluts, nous c’est ce que nous consommons par an. » S’il n’est pas contre un point de TVA pour alimenter une caisse compensatoire, pas la peine pour ce passionné d’aller bloquer les dépôts de Fos …

Fort des 80 bateaux de la coordination des pêcheurs de l’Etang de Berre qu’il a présidé, le retraité qui ne sera sans doute jamais rangé des voitures, attaque la Commission Européenne. En décembre dernier, l’institution a interdit certains des filets comme la thonaille, soupçonnée de prendre dans ses mailles d’autres espèces comme le dauphin… «Nous avons travaillé avec le Centre océanologique de Marseille qui a pondu un rapport de 400 pages d’où il ressort que nos filets sont sélectifs à 98%, qu’avec la mise en place des pingers, des appareils acoustiques pour faire fuir les dauphins, nous avons réduit nos prises accidentelles de 80% », résume-t-il.

Et comme si cela ne suffisait pas l’ICCAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique) a décidé d’augmenter le poids minimum des prises à 30kg. « Je ne sais pas comment on va faire, des gros poissons, ici ça n’existe pas, il faut aller plus au sud », affirme Jean-Claude… « La France, c’est le bronze-culs de l’Europe alors qu’en Espagne ou en Adriatique, les pêcheurs ont obtenu des dérogations », s’énerve-t-il.

Avec leurs 300 tonnes annuelles sur un quota d’environ 5 500 tonnes allouées à la France, les thonailleurs s’estiment bien loin de cette image de pillards des mers et se veulent pilier de la vie économique locale. «Entre 300 et 400 personnes vivent ici de la pêche sans compter les emplois induits comme les marchands de bateau, les poissonniers, les mareyeurs… »

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