En Alaska, la fièvre de l’or noir divise la communauté des Esquimaux Inupiats

… C’est là, dans ce grand nord de l’Alaska, à quelques kilomètres de la frontière canadienne, que Sarah Palin, la gouverneure de l’Etat et colistière républicaine de John McCain, veut creuser le sol pour en faire jaillir le pétrole. Bienvenue dans la « zone 1002 », l’Artic National Wildlife Refuge (ANWR). Ce parc, dont la seule présence humaine se limite aux quelque 300Esquimaux Inupiats du village de Kaktovik, divise les défenseurs de l’environnement et les partisans d’une exploitation des ressources de la réserve…
A terme, l’ANWR pourrait fournir un million de barils par jour pendant une trentaine d’années, soit l’équivalent d’un peu moins de 4% des importations américaines…
Ces propos scandalisent les organisations écologiques. « Il faudra sept à dix ans de travaux avant d’obtenir les premières gouttes de cet or noir et la baisse du prix à la pompe ne sera que de quelques cents… Nous serons toujours dépendants du pétrole avec en plus de nouveaux pipelines, des nuisances qui bouleversent l’équilibre de la région et un risque accru pour l’Alaska de devenir un théâtre de pollution majeure. » …
A Nuiqsut, premier village inupiat situé à une heure d’avion, la querelle est dépassée… Voilà un peu plus de dix ans que les 450 habitants ont accepté de louer leurs terres aux compagnies pétrolières. Dix ans d’exploitation payée environ 5 000 dollars de royalties par famille et par trimestre, en sus du gaz gratuit. Et de l’essence à très bas prix (3,75 dollars le gallon)…
Au total, au moins 6 000 puits ont été forés dans cette région… deux plates-formes off shore British Petroleum ont vu le jour et 2 000 kilomètres de pipeline ont poussé en plein air, formant un des plus grands complexes industriels au monde…
D’après les sociétés exploitantes, il y aurait une centaine de fuites toxiques par an ; des poissons contiendraient des taux élevés de PCB; des terres seraient chargées de baryum, de chlorate et de benzène ; la faune sauvage diminuerait, gênée par la pollution sonore des installations et les pipelines…
… Sans compter les répercussions sanitaires et sociales depuis l’arrivée du pétrole. L’asthme, dû aux fumées toxiques, touche pratiquement un membre par foyer. Le nombre de dysfonctionnements de la thyroïde est élevé. D’autres indicateurs renvoient l’image d’une communauté sous tension : vandalisme, violence domestique, abus d’alcool et de drogue sont en hausse constante…

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