L’absence de réponse à la hauteur des défis environnementaux coûtera cher selon l’OCDE

Une analyse de l’OCDE sur les différentes études relatives aux coûts de l’inaction rappelle les conséquences économiques que pourrait engendrer un manque d’ambition en matière de protection de l’environnement.

Alors que la crise économique et financière fait craindre un ralentissement des investissements dans la protection de l’environnement, l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) publie une analyse de plusieurs études dédiées aux coûts de l’inaction. La publication révèle que l’absence de mesures ou l’introduction de mesures qui ne sont pas suffisamment ambitieuses peut engendrer des coûts économiques considérables.

Ainsi, l’OCDE rappelle que les estimations des coûts économiques du changement climatique récemment réalisées peuvent atteindre 14,4 % d’équivalent de perte de consommation par habitant lorsque les impacts marchands et non marchands sont pris en compte. En effet, la baisse des rendements agricoles, l’élévation du niveau des mers et la prévalence accrue de certaines maladies infectieuses sont de nature à perturber considérablement les économies. Pour l’OCDE il ne fait guère de doute que le changement climatique pourrait avoir des conséquences très importantes pour l’économie mondiale et en particulier dans les pays non membres de l’OCDE.

La pollution atmosphérique aura elle aussi des conséquences économiques du fait qu’elle peut entraîner une baisse des rendements agricoles, une dégradation du capital physique et des répercussions plus générales sur la santé des écosystèmes. Selon une étude européenne, le fait de ne pas appliquer la « Stratégie thématique sur la pollution atmosphérique » de la Commission représenterait un coût de quelque 0,35 à 1 % du PIB de l’UE25 en 2020.

Les impacts liés aux activités industrielles telles que marées noires et contamination des sols peuvent déjà donner lieu à des coûts de l’inaction non négligeables. L’expérience acquise en Europe et aux États-Unis montre que la dépollution ou la remise en état d’écosystèmes endommagés peut coûter plusieurs milliards d’euros.
C’est le cas également des catastrophes naturelles même si elles ne sont pas totalement attribuables à des facteurs environnementaux. La Banque mondiale a ainsi estimé que le coût des catastrophes naturelles pouvait représenter pas moins de 13 % du PIB annuel pour les pays les plus pauvres.

La gestion non durable des ressources naturelles aura également des répercussions économiques majeures : une étude réalisée en 2005 a par exemple conclu qu’une gestion inefficiente des pêcheries de thon rouge de l’Atlantique risquait d’entraîner une baisse des rendements représentant une valeur actualisée de 1 à 3 milliards USD.

Des études encore incomplètes mais éloquentes

Si ces études traduisent en valeurs financières la dégradation des écosystèmes, elles n’en restent pas moins difficiles à réaliser. Des incertitudes et des difficultés méthodologiques ne permettent pas d’estimer précisément le coût de l’inaction : certains coûts sont d’ores et déjà répercutés directement dans les dépenses des pouvoirs publics ou sur les marchés même s’ils ne sont pas directement perçus comme des coûts de l’inaction à proprement parler. C’est le cas par exemple des effets de la contamination des sites sur les prix de l’immobilier dans le voisinage, des répercussions de la pollution de l’air sur les rendements agricoles ou encore du coût de l’assurance dommages dans les zones côtières.

L’OCDE fait également preuve de prudence en rappelant que ces estimations ne permettent pas de hiérarchiser les domaines dans lesquels il est nécessaire de renforcer les politiques environnementales existantes ou d’en mettre en place de nouvelles. L’organisme estime que cela devra passer par une comparaison des coûts liés à l’inaction avec ceux liés à l’action.

Il n’en demeure pas moins que ces estimations aussi incomplètes soient-elles sont suffisamment éloquentes et démontrent que des politiques de l’environnement insuffisamment rigoureuses dans certains domaines peuvent agir comme un frein puissant à la productivité et à la croissance économique.

F.ROUSSEL

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