L’agriculture bretonne ébranlée par le phénomène des algues vertes – compléments d’information

…La diminution du fléau « ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles » sur les secteurs où les algues prolifèrent, analyse une note du Préfet ds Côtes d’Armor…

ll faut donc « révolutionner les pratiques agricoles et changer complètement le modèle économique existant »…

« Il faut quand même se rappeler d’où on est parti » au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, rappelle Jacques Jaouen, président de la chambre d’agriculture de Bretagne. Une mission avait alors été impartie à la Bretagne: « nourrir la France et assurer son autonomie alimentaire ».

L’objectif a été largement atteint, le « modèle agricole breton », un réseau de petites et moyennes exploitations performantes, est devenu « une référence au plan européen », selon M. Jaouen.

Avec 37.600 exploitations en 2008, les Bretons fournissent 56% des porcs français, 34% des poulets, 40% des dindes et 20% du lait. L’agriculture emploie directement environ 6% des actifs et à travers l’agro-alimentaire génère indirectement 30 à 40% des emplois de la région, relève Jean Ollivro, universitaire…

Cette agriculture marquée par une très forte concentration géographique des élevages a eu un coût environnemental, même si de gros efforts ont ensuite été faits: la pollution des cours d’eau vaut à la France des menaces de très fortes amendes de l’Union européenne; chaque été, les algues vertes envahissent les baies peu profondes…

D’autant que le « pilier de l’économie bretonne » est fragilisé: avec les crises successives (lait, porcs, volailles, légumes), « on observe une base de plus en plus étroite d’agriculteurs menacés, qui portent un poids de plus en plus considérable pour l’ensemble de l’économie régionale »…

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Dans l’agriculture comme dans la pêche, pourquoi ne pas envisager une différenciation artisanale et régionale de nos produits de terroir, respectueux d’un environnement de qualité ?

plutôt que de laisser de petites entreprises affrontées seules, d’un côté, la libéralisation des échanges et la pression sur les prix qui en résultent, de l’autre des coûts croissants par rapport à l’environnement, l’énergie… ?

Ne pas entreprendre cette spécialisation « régionale » dans l’Europe aura raison de ce maillage « artisanal » qui fait aussi le charme de nos terroirs,

et laissera toute la place à une mondialisation « hors » territoires dominée par de grandes puissances financières, des échanges qui déstructurent les tissus régionaux, ici et ailleurs, et l’approvisionnement de « masses de consommateurs » que nous sommes par quelques grands distributeurs.

Nous paierons parfois un peu plus cher, mais pas forcément non plus, pour des produits de qualité sachant que le prix payé fait vivre agriculteurs et pêcheurs de nos régions en harmonie avec notre environnement.

J’achète !

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