Sauver le poisson… et sauver le pêcheur

« Il faut arrêter avec l’idée que les pêcheurs sont incapables de gérer la ressource halieutique », scande le collectif Pêche et développement.

A l’occasion de la Journée mondiale des pêcheurs, le collectif lorientais Pêche et développement organise deux journées de débats, vendredi et samedi, à l’espace Courbet.

La Journée mondiale 2009

Le collectif Pêche et développement est présidé par Danièle Le Sauce, qui a succédé à Alain Le Sann. L’association a pour but est de promouvoir « un développement solidaire et durable du secteur de la pêche et de l’aquaculture » dans les pays du Nord comme du Sud. Elle organise deux jours de débats, vendredi et samedi, à l’occasion de la Journée mondiale des pêcheurs.

Trop de bateaux…

La commission de Bruxelles, qui réforme la politique commune des pêches, garde une vision étroite de la préservation des stocks de poisson, estime Danièle Le Sauce. Il y aurait encore trop de bateaux, malgré les nombreux plans de casse. Où s’arrêtera-t-on, s’écrie Pêche et développement. Qui alerte : le rabotage incessant de la flottille compromet l’avenir des ports… donc l’emploi, à bord et à terre.

Les pêcheurs, des experts

Ce sera le thème principal débattu vendredi. Les pêcheurs sont les premiers observateurs en mer. Ils ont une idée, concrète, de l’état de la ressource halieutique. Mais leurs connaissances ne sont pas prises en compte par l’Europe, regrette Pêche et développement. L’expertise partagée avec les scientifiques, c’est l’une des revendications de la profession.

Les bonnes pratiques

Elle est finie l’époque des rubans bleus qui récompensaient le meilleur bateau de l’année. Celui qui avait débarqué le plus de poissons ! Aujourd’hui on parlerait plutôt de ruban vert, écolo. Certes toutes les techniques de pêche ne sont pas parfaites. Mais les bonnes pratiques sont en marche. Quel pêcheur oeuvrerait pour laisser une mer sans poisson à ses enfants ?

Surpêche et sur-réglementation

Alain Le Sann le dit haut et fort : « Il faut arrêter avec l’idée que les pêcheurs sont incapables de gérer la ressource. » Le représentant de Pêche et développement invite à sortir du discours européen qui focalise sur la surpêche. « C’est bien plus complexe que ça. » Il y a aussi, dit-il en contrepoids, « des zones sous-exploitées car sur-réglementées ».

La ressource, « un bien commun »

Mettre en place des quotas individuels, que le pêcheur pourrait revendre. C’est l’idée libérale de l’Europe pour mieux gérer la ressource. Seules les entreprises les plus riches pourraient acheter les quotas. Sans garantie pour la conservation des stocks. Pêche et développement, comme les pêcheurs artisans français, est opposé à cette « privatisation » de la ressource qui « doit rester un bien commun ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *