Plus d’une espèce sur cinq de poissons d’eau douce menacée en France métropolitaine

Selon la première édition de Liste rouge nationale de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) des espèces menacées consacrée aux  »Poissons d’eau douce de France métropolitaine », plus d’une espèce de poissons d’eau douce sur cinq est menacée de disparition dans l’Hexagone, sur les 69 espèces analysées parmi les 95 espèces recensées en métropole.

Cette nouvelle étude, publiée le 16 décembre a été élaborée par le Comité français de l’UICN et le Muséum national d’Histoire naturelle, en partenariat avec la Société française d’ichtyologie et l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques.

Sur les 69 espèces de poissons d’eau douce du territoire métropolitain, 15 d’entre elles sont menacées de disparition. Parmi ces espèces, l’UICN recense les poissons migrateurs comme le Saumon atlantique  »malgré d’importants efforts de restauration », l’Esturgeon européen et l’Anguille européenne classés  »En danger critique d’extinction », exposés notamment à de nombreux polluants et pesticides.

Selon l’UICN, la dégradation et la destruction des milieux naturels, la pollution constituent ainsi les principales menaces pour les poissons d’eau douce de France métropolitaine. L’extraction de granulats entraîne la destruction des habitats pour des espèces comme la Lamproie de rivière, classée dans la catégorie  »Vulnérable », ou la Sofie,  »Quasi menacée », qui privilégient les cours d’eau à galets ou à graviers pour leur reproduction. L’assèchement et le curage hivernal des zones humides altèrent l’habitat naturel de la Loche d’étang, classée  »En danger », et le drainage agricole des prairies humides réduit les périodes de crues, modifiant ainsi les conditions favorables à la reproduction du Brochet, classé  »Vulnérable ».

Les deux grands migrateurs l’Esturgeon européen et l’Anguille européenne font également l’objet de braconnage. Pour cette dernière, la pêche est réglementée mais reste un facteur de menace, aggravé par un braconnage important lié au coût élevé de ses alevins, nommés civelles. L’Esturgeon européen a lui aussi longtemps fait l’objet du braconnage, pour le prélèvement de ses Å“ufs destinés à la production de caviar. Sa pêche est strictement interdite, mais l’espèce demeure victime de captures accidentelles, liées en particulier au chalutage en mer, explique l’UICN.

Par ailleurs, l’UICN précise qu »’en raison d’un manque de connaissances ou de changements récents survenus dans la dénomination scientifique de certaines espèces », près d’un tiers des poissons d’eau douce (22 espèces sur les 69 évaluées) ont dû être placés dans la catégorie  »Données insuffisantes ».

Rachida Boughriet

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