Jean-Luc Godard à Daniel Cohn-Bendit : “Qu’est-ce qui t’intéresse dans mon film ?”

DCB : Mais ça ne t’intéresse pas, l’idée de créer un espace en Europe où le cinéma peut exister ? Couper les ponts de la dépendance culturelle américaine ?

JLG : Mais elle est là à 150 % ! Et si vous voulez faire un film avec Eurimages, il faut des tonnes de papiers, et tout est fait sur des mensonges, des faux devis. Mon film est déclaré pour 25 millions, alors qu’il coûte 300 000 €. Pourquoi ?

DCB : Ce sont les mensonges du système, comme le mensonge grec…

JLG : … et la Grèce continue à mentir, et à dire sa vérité aussi. Tu ne crées pas un système de peinture européenne, de musique européenne, pourquoi le cinéma ? Ils aident le cinéma, la pêche, l’agriculture, et ils n’y arrivent pas… Il faut ralentir, se restreindre. Je ne suis pas pour la décroissance, mais pour des moments de croissance et des moments de décroissance.

DCB : Tout à fait d’accord…

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