Plancton végétal : les fermes selon Mollo

L’enseignant-chercheur Pierre Mollo embarque demain pour le Lac Victoria, en Afrique. Là-bas, comme en Bretagne, il ambitionne de favoriser l’implantation de fermes aquacoles durables dédiées à la culture du plancton végétal. Il s’agit de mieux nourrir l’humanité…

On peut imaginer, à proximité de la mer, de petites fermes de production de phytoplancton, de quelques kilos à 10-15kg par jour, des entreprises qui ressemblent à la conchyliculture, de bio proximité. Après, il faut mettre en place une structure de transformation pour rendre le plancton accessible aux consommateurs. Ce n’est pas un acte compliqué. On le fait en Inde, en Afrique…

Des coopératives, un peu comme les paludiers de Guérande. Chacun fait son sel dans son oeillet. La production est vendue à la Scop de Guérande, qui s’occupe ensuite de la commercialisation et de la communication avec «Terre de sel». Et qui va même aussi voir si on ne peut pas cultiver le sel en Afrique, avec l’association Univers-Sel…

Ces productions peuvent être proches des professions ostréicoles et pêche. Dans la pêche ou dans l’ostréiculture, il y a des hauts et des bas et ça peut être une alternative. On peut imaginer un pêcheur en difficulté, deux ou trois mois à terre. On pourrait l’accueillir dans nos fermes et l’accompagner. L’ostréiculteur, qui est au bord de l’eau, pourrait imaginer dans ses installations un espace qui viendrait en complémentarité de son activité…

Voilà, il y a le côté environnemental avec le plancton indicateur de la bonne santé des milieux. C’est ce que l’on fait depuis longtemps à Beg-Meil et sur l’Odet, etc. Il y a le côté économique, car on peut produire un produit innovant pour l’alimentation humaine. Et puis social, car ça peut-être une soupape économique…

La structure est très simple, avec une serre, un séchoir. C’est très proche de l’horticulture traditionnelle… C’est peu polluant, ça ne demande pas une machinerie comme pour l’élevage, mais de l’eau de mer filtrée plus de la lumière la plus naturelle possible. On peut compléter par de la lumière artificielle. Avec des éoliennes, des hydroliennes, du photovoltaïque, on peut produire du plancton avec zéro bilan électricité. Ce qui n’était pas le cas il y a 20 ans..

Pour nourrir le phytoplancton, on va capter dans la mer des nutriments, des oligo-éléments… Il y a quarante ans avec les Japonais, on allait chez des agriculteurs chercher de la terre… Quand on avait la garantie d’une terre saine, on extrayait un jus du terreau. On le filtrait, on le faisait bouillir pour chasser les bactéries indésirables et on prenait cette eau pour enrichir nos cultures de phytoplancton! La terre a toutes les qualités… On fait le lien entre la terre et la mer.

Plancton

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