Clapage en mer : des pêcheurs de Lesconil rencontrent le commisseur enquêteur

Ci-joint, un compte-rendu savoureux et frappé au coin du bon sens autour de quelques ponts forts :

– le sable propre peut servir à recharger le cordon dunaire et protéger les maisons des tempêtes, de même que les vases et sables peuvent conforter les terres-pleins portuaires : parole d’expériences contre science de la « granulométrie »

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– les zones de clapage proposées sont régulièrement chalutées par les langoustiniers « parce qu’elles sont giboyeuses mais aussi parce qu’elles sont les plus proches et offrent un abri des vents dominants pendant l’hiver… ». Enfin, ces sites de clapage comprennent 2 zones rocheuses, « des pointes de roche brute qui sont des endroits stratégiques pour la reproduction de la langoustine qui y trouve un refuge pour y abriter des amours ancillaires ».

Les pêcheurs font remarquer qu’ils ne sont aucunement opposés au développement d’une mixité pêche-plaisance qu’ils ont eux-mêmes soutenue, et sont favorables au dévasage du port de Lesconil, notamment pour des raisons de sécurité.

Ils rappellent qu’un ancien site proposé par les pêcheurs côtiers « avait été retoqué parce que situé à 0,2 milles à l’intérieur d’un cercle de 6 milles centré sur le phare de Penfret dont l’îlot porte une espèce endémique et protégée, le Narcisse des Glénan. Heureux d’apprendre l’existence de cette fleur inscrite au patrimoine, ce qu’aucun professionnel alors ne soupçonnait, ils l’ont été un peu moins lorsqu’on leur a expliqué que leurs lieux de pêche n’étaient pas dignes de figurer en si bonne compagnie. Et qu’un casier, même pas judiciaire, pouvait supporter ces quelques milliers de tonnes de vase qui risquaient pourtant de donner des boutons à un narcisse situé à 11 km de là. Mais les fleurs, c’est comme les croyances, ça force le respect. »

En conclusion, les pêcheurs sont inquiets de ces vases qui seraient déversées sur le palier de leur bureau (les zones de pêches qu’ils fréquentent tous les jours) et jugent que ce procédé serait un contrat « perdant-perdant » pour les pêcheurs comme pour la collectivité en ce qui concerne la gestion littorale. En ce sens, « ils ne veulent reconduire leurs sables et vases à aucune de leurs frontières, maritime ou terrestre ».

Lire le compte-rendu figurant sur le site du Comité Local des pêches du Guilvinec

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