La Bretagne est plus grande qu’elle n’y paraît…

Aquarelle C. Connaulte Massif au bas relief, posé sur un immense plateau que balaient les courants atlantiques, c’est par le mariage constant de ses géographies – maritime et terrestre – qu’elle acquiert richesse, charme et fécondité. A condition toutefois d’en prendre la mesure et de gérer d’un bloc cette étrange unité. C’est ainsi que la marée qui pénètre par mille chevelus se charge en minéraux nécessaires au plancton, que le mélange des eaux estuariennes favorise les frayères et les nurseries de poissons, coquillages et crustacés, que le jeu des vagues découpe artistiquement les roches tout en captant l’indispensable oxygène…

A chaque monde ses lois qui à la réflexion se ressemblent. Un sol vivant s’entretient par la diversité des cultures, un labourage en surface et la préservation des écosystèmes environnants plutôt qu’un usage immodéré de la chimie. Une mer vivante se nourrit des alluvions portées par les fleuves point trop chargées en nitrate, phosphate ou azote – liées notamment aux pesticides et engrais – et requiert une attention soutenue à la qualité et turbidité de ses eaux comme à la structure de ses fonds et habitats. Les marées vertes sont le signe d’un puissant déséquilibre terrestre, indigeste pour nos baies enclavées, qui revient comme un boomerang affecter plages et rivages.

Mais à la différence du sol où nous marchons, les terres immergées recèlent en profondeur d’anciens planctons ensevelis. Porteurs de germes, nul besoin de les faire revenir en surface par de massives extractions. Nul besoin non plus de cimenter ces fonds par le rejet de fins sédiments qui détruisent les habitats et leurs populations (clapage).

Vaste et pourtant fragile cette part atlantique de notre région, un frère de sang longtemps méconnu…

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