Ces boues polluées qui entrent dans la chaîne alimentaire…

I. Un bilan inquiétant

- l’importance des volumes dragués en France : 37,4 millions de m3, essentiellement dans les 7 grands ports maritimes [1] sur 180 zones
- l’immersion de 85% des sédiments
- le rejet de 4200 tonnes de métaux lourds, de 600 kg de PCB et de TBT, avec des franchissements de seuils importants,
- le suivi incomplet de certains rejets (PCB et HAP), totalement insuffisant pour d’autres contaminants (HCB, g-HCH, DDT, cyanures, fluorures et étain) et nul (ou non diffusé) pour les substances rédioactives…

Voir : Bilan 2008 des dragages en France (source Enquête « Dragage 2008 » Analyse des données. Juillet 2010 CETMEF)

2. Un impact sur la santé des êtres vivants marins et sur la nôtre

Métaux lourds, DDT, PCB, TBT, éléments radio-actifs… se concentrent chez les animaux en fin de chaîne alimentaire, ou filtreurs, et passent progressivement chez l’homme qui en consomme. « Des effets sont observés sur la reproduction ou mortalité de certaines espèces marines… Les poissons stockent dans leurs viscères et dans leurs muscles divers polluants organiques et organo-métalliques stables.. ». Sans compter la présence de nombreux germes pathogènes dans les ports.

Cf. notamment l’interdiction de la pêche à la sardine et autres espèces en Baie de Seine ou en Manche, ou encore aux Antilles (chlordécone).

Voir notamment Menus toxiques, une enquête sur les substances chimiques présentes dans notre alimentation, une étude mentionnée par Aquablog. Cette étude est édifiante et les poissons (surtout saumon d’élevage) et crustacés n’en sortent pas indemnes…

Voir également article du Monde de ce jour

3. Des boues et sédiments de dragage à considérer et traiter en tant que « déchets »

« Le dragage et le clapage conduisent à redisperser des substances accumulées durant des années, voire des décennies, engendrant parfois des flux importants de toxicité ».

Cette immersion de boues contaminées n’est pas compatible avec les directives européennes : les Directives sur l’eau et la stratégie en milieu maritime qui prévoient d’atteindre en 2015 et 2020 un bon état écologique des masses d’eau côtières et des milieux marins.

France Nature Environnement demande, avec le soutien de Robin des Bois, que l’Etat mette en place un programme sur 5 ans pour arrêter l’immersion de boues et que la filière française s’adapte sur le modèle de ce qui existe déjà ailleurs, ou même dans certains ports français.

Voir le dossier de presse de France nature environnement « Boues de dragage : la grande omerta »

3. L’implication des professionnels de la mer : pêcheurs, conchyliculteurs…

Voir la liste d’articles sur le site du Comité local des pêches du Guilvinec

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