Trois femmes à la mer de Liuba Scudieri

"Trois femmes à la mer" spectacle de Liuba ScudieriTrois femmes à la Mer est une série de trois contes entrecoupés de musique (accordéon, xylophone, chant de Davide Chimenti.) Liuba Sciudieri est une ethnologue-conteuse napolitaine et son spectacle est né petit à petit à l’issue de trois années de recherche et de rencontres entre Naples, Oran et Marseille. Trois années d’écoute d’histoires de  femmes à travers la Méditerranée…
Au cours de ces histoires, Liuba trace des pointillés sur une carte de la Méditerrannée et l’on s’étonne à la fin du spectacle de cette nouvelle géographie qui, au travers des migrations, donne à ce grand bassin des allures de village.

Ce conte devrait être programmé par l’encre de mer en janvier prochain…

Ce spectacle a pour point de départ un travail de recherche et d’enquête mené par Liuba Scudieri, chercheuse en anthropologie, autour des migrants saisonniers du  sud de l’Italie, devenus français en Algérie pendant la colonisation et ayant rejoint Marseille après la décolonisation.

Trois histoires fabuleuses construites à partir de faits réels et historiques dont la forme de narration mêle fable et réalité, mémoire et présent. Par ces contes, Liuba nous offre  des fragments de vie de femmes qui ont vécu l’aventure du voyage d’émigration et le déracinement. Ce sont des histoires qui se donnent dans leur simplicité.

Et si les histoires appelaient les histoires ? Si le fait d’écouter et de se reconnaître dans le fragment d’une vie, dans un événement raconté, amenait ou bien favorisait la possibilité de se sentir  partie d’un monde commun et donnait envie de faire cadeau aux autres d’une histoire ? Quelles sont les conditions qui permettent à la mémoire de se déclencher ? à la parole de se libérer ? à la personne de se sentir libre de raconter ?

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L’enquête : Liuba Scudieri a mené pendant trois ans, une enquête sur les voyages des descendants d’émigrés de l’île de Procida, expérimentant le travail d’observation, l’entretien et la prise de  son. Cette investigation a été menée entre l’île de Procida (Naples), Oran (Algérie) et Marseille (France) entre 2005 et 2008.

L’histoire des migrants saisonniers du sud de l’Italie ; Le travail de recherche s’est concentré autour de l’histoire des migrants du sud de l’Italie. A partir de la fin du 18e et pendant tout le 19e siècle, des pêcheurs saisonniers partent chaque année de la petite île de Procida, dans le golfe de Naples, pour aller cueillir le corail le long de la côte algérienne, en faisant du cabotage le long des côtes de Sicile et de Tunisie. Suite à la colonisation, ils s’installent définitivement avec leurs familles dans une baie près d’Oran, et deviennent citoyens Français. En 1962, année de l’indépendance du pays, ils sont « rapatriés », en France, à Marseille. Tout au long de cette histoire, les légendes des miracles attribués à Saint Michel, patron des gens de la mer et de l’île de Procida, scandent les mémoires de ces migrants.

Le contexte politique, la question de la migration en Europe : A partir de ce travail de recherche, se pose la question des migrations contemporaines, des conditions dans lesquelles les migrants clandestins viennent en Europe via la Méditerranée, et des raisons qui les poussent à traverser cette mer autrefois parcourue à la voile par les migrants saisonniers. Presque rien n’a été dit sur ces migrants saisonniers (pourtant si nombreux encore en 1900) qui circulaient entre l’Italie méridionale  et  l’Afrique  du  Nord  (Tunisie,  Algérie) et qui, en  l’espace  de  deux générations, sont devenus  « Français ». Leur  histoire  témoigne d’une  période  où  les  mouvements  migratoires étaient très fréquents en Méditerranée –  pour ne pas dire la norme – et où les questions d’appartenance et d’identité étaient perçues autrement. Cette mise en perspective « historique », construite à partir de témoignages, nous amène à ré-interroger notre actualité et notre vision des peuples et des frontières, tout en valorisant l’appartenance culturelle.

 

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