PÊCHE AU THON ROUGE EN MEDITERRANEE FRANÇAISE La pêche artisanale demande une ouverture significative de ses droits d’accès pour la campagne 2013

Communiqué de presse

MANIFESTATION A PARIS LE LUNDI 24 SEPTEMBRE 2012
A PARTIR DE 11H

Lieu : Ministère de l’Ecologie, de l’Energie et du Développement Durable & Ministère délégué aux Transports, à la Mer et à la Pêche
H̫tel de Roquelaure Р246 Boulevard St Germain РPARIS 7̬me

La pêche au thon rouge en Méditerranée (90% des captures mondiales) représente une activité halieutique très convoitée, mais aussi très controversée. En raison de sa très haute valeur commerciale et des enjeux de protection/reconstitution durable du stock, le thon rouge est devenu une espèce particulièrement symbolique, objet d’intenses combats politiques, scientifiques et lobbyistes.

La surexploitation industrielle de cette espèce pendant plusieurs décennies a conduit à la fragilisation des stocks et à la nécessité d’adopter à l’échelle régionale une politique commune de gestion. Ainsi, chaque année en novembre, les Etats pêcheurs (dont la France au sein de l’Union Européenne) négocient pour l’année à venir, sur la base d’avis scientifiques, les modalités de répartition d’un volume global d’exploitation (quota). Ce quota, décliné ensuite au plan national, est assorti de règles draconiennes de limitation de l’effort de pêche (permis de pêche individuels obligatoires) et de contrôle des conditions de capture/débarquement.

Dans ce contexte, en France, les droits d’accès attribués à la pêche artisanale sont en constante régression. La raison principale réside dans plusieurs facteurs :
РInterdiction des filets maillants d̩rivants (thonaille) au cours des ann̩es 2000 et utilis̩s
traditionnellement par les pêcheurs artisans polyvalents.
– Prés de 90% du quota national attribué à l’industrie des pêches (capture à la senne tournante coulissante), principalement dans des eaux extérieures (Libye, Baléares, etc.).
– Depuis 3 ans, un processus de pay-back (remboursement) est imposé à la France du fait de dépassements antérieurs de quotas par l’industrie des pêches, mais qui est supporté par
l’ensemble des segments professionnels, dont la pêche artisanale. Le pay-back se traduit par le gel de 1500 tonnes du quota français, jusqu’en 2012 inclus.

Ainsi, dès 2013, la fin du pay-back verra le retour de 1500 tonnes dans le giron français, en
supplément aux 800 tonnes de quota attribuées en 2012 en Méditerranée française. C’est dans cette perspective qu’un syndicat professionnel de pêcheurs artisans (SPMLR – 400 adhérents), qualifiés en Méditerranée de « petits métiers », demande une ouverture de ses droits d’accès afin de rééquilibrer le ratio actuel de partage du quota à environ 10% minimum du pay-back, soit 160 tonnes supplémentaires.

Les clés de répartition de ce pay-back ne sont pas encore arrêtées par le Ministère en charge des pêches. Plusieurs scénarios sont envisageables, dont un qui prévoit l’attribution de seulement 17 tonnes supplémentaires au profit des pêcheurs artisans… Si ce choix était retenu, la part du petit métier en Méditerranée passerait de 12% actuellement à moins de 5% du quota méditerranéen en 2013 !! Cette perspective est totalement inacceptable et le SPMLR souhaite alerter les médias sur cette situation et sur le risque encouru.

Le thon rouge reste une ressource publique qui n’appartient pas à ceux qui l’exploitent. L’Etat doit garantir des droits d’accès justes et suffisants pour l’ensemble des professionnels. La pêche artisanale en Méditerranée française représente près de 85% des unités de pêche et son activité se caractérise par une très grande polyvalence (techniques, espèces, lieux, saisons). La pêche au thon rouge n’étant qu’un des éléments de cette polyvalence, cela amène le SPMLR à formuler une demande tout à fait mesurée et autolimitée (en moyenne 2 tonnes/navire). Les techniques de pêche utilisées sont en outre beaucoup plus sélectives et moins impactantes que celles utilisées par l’industrie, car seules les captures à l’hameçon sont autorisées (palangre, canne et ligne) pour la pêche artisanale. Enfin, les pêcheurs petits métiers opèrent exclusivement dans la zone côtière du Golfe du Lion. Ce secteur n’est pas identifié comme une aire de reproduction du thon rouge, mais comme une zone de nourriture/grossissement dont les effectifs sont en augmentation régulière depuis 3 ans (voir résultats des suivis IFREMER présentés le 14 avril 2012 à Sète).

Pour structurer leur action et leur demande, les membres du SPMLR se sont constitués en
groupement de navire de pêche leur permettant de se voir confier la gestion d’un quota pour 2013. Ce groupement se fonde sur un cahier des charges rigoureux afin d’encadrer, limiter et contrôler l’effort de pêche de leurs adhérents (voir journal le Marin du 27 juillet, p 15). Afin de défendre leur position devant les plus hautes autorités et dans l’espoir d’être reçu par leurs représentants, une cinquantaine de pêcheurs professionnels se déplaceront à Paris, soutenus dans leur action par les institutions représentatives ci-dessous, ainsi que plusieurs ONG.
РLa Plate-forme de la Petite P̻che Artisanale Fran̤aise, www.plateforme-petite-peche.fr
РLa Plate-forme M̩diterran̩enne des P̻cheurs Artisans (Espagne, Italie, Gr̬ce, France),
www.ekiwi.biz/MEDARTNET/web/FR/index.html

Pour tous renseignements complémentaires et détails logistiques, merci de contacter :
РM. Fr̩d̩rick RESTE, Pr̩sident SPMLR : 06 04 15 59 17
– M. Bertrand CAZALET, Secrétaire – Conseiller juridique : 06 13 29 51 40

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