S’unir pour une gestion collective de nos richesses marines…

http://spmlr.e-monsite.com/medias/images/img-1369.jpg?fx=r_250_250Gestion du thon rouge : productivisme et centralisation au bénéfice de quelques armements ou gestion collective et territoriale au bénéfice des populations locales ?

Suite à la question d’un pêcheur, le Syndicat des Petits Métiers du Languedoc-Roussillon avance « d’autres » solutions que celles mises en Å“uvre actuellement et insiste sur la nécessité pour les pêcheurs artisans de s’unir.

– Pourquoi continuer à demander des AEP (Autorisations Européennes de Pêche) pour le thon rouge et aller dans le sens de ceux qui veulent privatiser la mer?

– Cela est lié au statut de la ressource (thon rouge ou anguille). Ces espèces étant considérées comme fragiles ou en danger, on leur applique des plafonds en volumes et des droits individuels de pêche… Le résultat n’a d’autre effet que d’en privatiser l’accès et l’exploitation, alors même que l’État devrait assurer des garde-fous car ce sont toujours des ressources publiques. Le texte originel de la réforme PCP allait clairement dans ce sens. On pourrait très bien proposer un système différencié pour les -12m…surtout que la catégorie actuelle des AEP « petit métier » commence à 18m. Ce n’est pas normal mais cela a été fait  « sur mesure » pour favoriser certains armements… Depuis très longtemps, ce sont 2 ou 3 personnes qui font la pluie et le beau temps à Paris (DPMA et comité national), à l’UE et même à l’ICCAT. Nous avons proposé d’instaurer une AEP canneur/ligneur pour les navires les plus petits, ou bien une AEP spécifique pour les -12m (palangre limitée à 250 hameçons/bateaux) pour plusieurs raisons :
 – travailler à la côte lorsque le poisson est là…comme c’est le cas désormais presque toute l’année
– travailler en 4ème catégorie, soit 95% des navires petits métiers…
limiter les quotas individuels (1 à 2 tonne) afin d’entrer le maximum de bateaux et surtout garantir le polyvalence pour ne pas aller vers des petits métiers « spécialisés »
– etc…

Pas de réponses…

Le pire exemple juridique vient des AEP inutilisés : contre toutes les règles en vigueur et contre tous les principes juridiques existants, l’Administration affirme qu’elle a l’obligation juridique de renouveler les AEP dormants, ce qui est faux ! Bien sûr, elle ne nous l’a jamais écrit, ni donné le moindre fondement légal à son raisonnement, mais il n’y a rien pour la faire changer d’avis et, de ce point de vue, elle couvre la privatisation et incite aux pratiques de rente et de spéculation. Il faudrait faire des recours au CE en urgence…

Pour défendre la polyvalence, il faudrait qu’elle soit reconnue comme pratique de gestion en lien avec le territoire. Le droit européen donne déjà une liste de techniques autorisées pour la pêche en Méditerranée mais sans parler de polyvalence en tant que telle. La plate-forme euro-méditerranéenne a engagé un processus dans ce sens auprès des parlementaires et de la commission lors de la réforme de la PCP afin d’appliquer en Méditerranée différents principes ou règles. Les textes devraient aller dans ce sens mais, pour que ça se mette en place, il faudra une meilleure organisation « interne » des petits métiers. L’important c’est de peser dans les débats et les décisions et pour cela il faut une meilleure unité et une représentativité professionnelle. La plate-forme française est aussi un bon début au niveau des différentes façades mais il faut que le mouvement prenne en 2013, avec comme objectif d’aboutir à un syndicat national qui serait vraiment indépendant et qui pourrait défendre ses propres listes aux prochaines élections. Au vu des délais, il ne faut pas tarder à passer la vitesse supérieure.

L’Etat n’a eu de cesse de centraliser la gestion des pêches au profit de l’industrie, surtout en instaurant le système des comités des pêches et des OP (organisations de producteurs) (qu’on veut renforcer de plus en plus), et en vidant de sa substance les compétences et les capacités des prud’homies (trop autonomes pour certains…). L’évolution générale des usages maritimes au profit du récréatif a aussi beaucoup fragilisé les prud’homies qui sont de plus en plus isolées sur leur propre espace de travail. Les faiblesses internes, la diminution du nombre de pêcheurs rend d’autant plus nécessaire et urgent pour les petits métiers d’être mieux organisé et surtout uni autour d’objectifs communs impératifs.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *