PCP : triomphe du lobby environnementaliste, amertume des pêcheurs finistériens

Article du Comité départemental des pêches du Finistère

pêche danoise
Avec la réforme de la PCP, la pêche de demain sera industrielle comme la flotte danoise, fleuron de la pêche minotière qui représente prés de 20% des captures européennes et 25 à 30% des captures mondiales pour en faire de la farine.

Vote sans appel au Parlement européen

Le parlement européen a voté mercredi 6 février 2013 en faveur d’une réforme radicale pour la future Politique Commune des Pêches (PCP). Par 502 voix pour, 137 contre et 27 abstentions, les députés européens ont voté pour une réforme censée mettre fin au déclin des ressources halieutiques. Ils veulent une reconstitution des stocks au-delà du Rendement Maximal Durable (RMD) au plus tard en 2020. Les députés se sont aussi prononcés pour interdire progressivement les rejets en mer à partir de 2014. La libéralisation du marché des quotas de pêche est passé à la trappe. La réforme devra cependant encore faire l’objet de discussions entre le Parlement, le Conseil et la Commission.

parc calanques
Mers et océans seront sous cloche avec des réserves de papier : 43500 ha de zones marines dans les Calanques dont 4300 ha interdits à la pêche, sans raison scientifique car situés en eau profonde. L’arrêt de la pêche n’aura pas d’impact sur la ressource si ce n’est de compromettre l’avenir des pêcheurs artisans. Leur proposition de mettre en réserve les zones à plus de 500m de profondeur n’a pas été retenue car la forme n’approchait pas celle d’un rectangle !

Déception française

Côté français, la socialiste Isabelle Thomas comme son homologue du Parti populaire européen Alain Cadec ont exprimé chacun de leur côté leur déception face à ce vote. Tous deux espéraient renvoyer les deux grands chapitres de la réforme à plus tard. Or le Parlement de Strasbourg a décidé de revoir à la baisse les quotas de pêche à partir de 2015 afin d’atteindre un niveau de renouvellement « au-delà » du RMD dès 2020. Une décision inapplicable, alors « que l’Union européenne ne dispose pas à ce jour de la moitié des données sur ses stocks halieutiques », a commenté Mme Thomas. Quant à l’interdiction des rejets, la majorité des députés s’est déterminée favorablement à sa mise en place entre 2014 et 2017 selon les espèces. « Cette mesure est en l’état dogmatique, voire populiste », a protesté M. Cadec. Une fois débarqués au port, les spécimens aujourd’hui rejetés en mer vont pouvoir alimenter une filière de farine de poissons pour l’alimentation animale, au risque de développer cette pêche a priori « accidentelle ».

Triomphe du lobby environnementaliste

Les ONG écologistes, qui voient dans cette décision du Parlement l’expression de la société civile sur l’enjeu de la pêche, multiplient les communiqués de triomphe. Ils ont mis en oeuvre depuis trois ans un « arrangement symphonique » à coup de millions d’euros qui a tout bousculé sur son passage. Greenpeace se réjouit particulièrement de deux amendements qui lient l’accès aux zones de pêche à des critères de durabilité (respect de la ressource halieutique, nombre d’emplois).

Seule une pêche à dimension humaine induit un respect pour l'animal
Seule une pêche à dimension humaine induit un respect pour l’animal

Réalisme et dynamique de progrès seront nécessaire

Dans ce contexte défavorable les pêcheurs peuvent baisser les bras. Mais, le principe de réalité va vite revenir au devant de la scène. On sait par exemple que dans le Golfe de Gascogne la connaissance scientifique ne permet aujourd’hui de cibler qu’un seul RMD, celui de la sole, les autres sont inconnus. Par ailleurs, les navires, dont la moyenne d’âge et de 25 ans dans le Golfe de Gascogne, ne peuvent ramener à terre les rejets. Seule la voie de l’amélioration de la sélectivité et des plans de gestion à long terme, pourront résoudre le problème…

NB Photos et légendes ajoutées par L’encre de mer

 

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