Boues rouges de Cassis : les pêcheurs sont inquiets

boues rouges  « Ã‡a fait un demi-siècle que les pêcheurs demandent l’arrêt de ces rejets » tempête Gérard Carrodano, pêcheur à La Ciotat. « Et c’est en plein milieu du Parc national ! On l’a pas voulu, maintenant on l’a, il faut faire avec. Ils interdisent le survol de la zone par un drone pour faire un film, ils nous empêchent de prendre des espèces de passage dans la réserve, et d’un autre côté, ils acceptent des rejets industriels massifs !  » Convié à une réunion sur le renouvellement de l’autorisation de ces rejets, Djamal Boukhenifra, prud’homme de Cassis, demande aux industriels : « Pouvez-vous nous garantir que ces rejets n’ont et n’auront aucun impact sur les poissons que nous pêchons, pour nous et pour les générations d’après ?… « 

Carte boues rougesEn appui aux pêcheurs de cette zone, parce qu’ils y pêchent occasionnellement, parce que la zone de diffusion de cette pollution (et notamment des métaux lourds), s’étend très largement, les prud’hommes de Bandol, Sanary sur mer et Le Brusc ont écrit à Ségolène Royale et au Préfet des Bouches du Rhône.

« Nous nous associons à nos collègues de Cassis et La Ciotat pour demander l’arrêt de ces rejets dont une grande partie remonte sur le plateau continental, affectant le plancton, les animaux et les végétaux, et par conséquent la chaîne alimentaire marine. Ils mettent en cause le renouvellement de la ressource, la qualité de nos apports et, in fine, l’avenir de nos métiers. Depuis le temps que ces rejets durent, les bords du plateau sont englués de boues rouges qui polluent nos engins et entravent leur efficacité. Nous sommes inquiets de la diffusion des métaux lourds qui peuvent s’étendre sur de vastes zones et affecter la qualité sanitaire des produits marins. Nous ne pensons pas que des rejets liquides, voire « transparents », seront inoffensifs. Autrement, ils pourraient être rejetés dans le réseau d’eau pluvial ou servir d’épandage.« 

carte boues rouges 2 Comme leurs collègues, ils ne comprennent  pas la position du Parc national des Calanques : « Lors de sa création, le parc s’est fait fort de vouloir assainir la zone et stopper les rejets. Ce parc, avec sa réserve marine gigantesque, nous a été imposé sans réel fondement scientifique concernant l’arrêt de la pêche d’espèces de passage dans les zones profondes de La Cassidaigne. Cet arrêt limite notre activité et fragilise notre avenir. Il ne génèrera pas pour autant une hausse de la population marine dans ces eaux profondes… En tout état de cause, nous ne voyons pas comment nous pourrions accepter des limitations et des réglementations quand des déchets industriels continuent à être déversés à proximité. »

En conséquence, ils demandent de prendre toutes mesures pour stopper ces rejets et de procéder au démantèlement de la canalisation sous-marine avant de conclure : « La mer n’est pas une poubelle, elle fait vivre, de façon directe et indirecte, beaucoup de monde. Elle représente un vivier indispensable pour les générations futures.« 

Pour en savoir plus : http://aquaculture-aquablog.blogspot.fr/2014/09/boues-rouges-parc-calanques-aluminium.html

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