Rejets en mer de l’usine alumine de Gardanne : observations d’une association locale

Usine alumine GardanneL’Association Animation Développement
Sud de Bouc, par la voix de Claude Calvet,
a adressé la déposition suivante concernant l’enquête publique pour le rejet des eaux résiduaires de l’usine d’alumine de

Gardanne : 

« Monsieur le commissaire, attendu que:

 – Le stockage archaïque des boues rouges pressées à Mange-garri, composante majeure du nouveau procédé de fabrication de l’usine Altéo, ne concerne pas l’enquête publique.

– Les résurgences chroniques d’eaux polluées provenant de cette décharge, sont enfin reconnues par les autorités ( ref : communiqués et arrêtés préfectoraux et municipaux de BBA février 2015).

La proximité immédiate à 70 centimètres sous la surface du sol et à l’aplomb de la digue basse des installations, d’une immense nappe phréatique de 75 à 150 millions de m3 suivant la saison.

Le non confinement des apports journaliers de matières extrêmement pulvérulentes exposant aux quatre vents sur un plateau de 27 hectares des particules fines dangereuses de 7 microns de taille moyenne et de 3,5 microns de taille médiane….

La gestion calamiteuse de cette décharge ( ref : rapport d’inspection DREAL du 17 juillet 2015).

– La poursuite de rejets en mer d’effluents dépassant pour 7 paramètres ( PH, Matières en suspension, Aluminium, Fer, Arsenic, Demande Chimique Oxygène, Demande Biochimique Oxygène à 5 jours) les normes de pollutions autorisées par l’arrêté ministériel du 2 février 1998 et le règlement CE n°1881/2006. On notera que l’échantillonnage artificiel et les extrapolations de données virtuelles sont sujets à caution (rapport ANSES).

– Les études complémentaires menées par des organismes tiers concernaient des saisines limitées qui ne permettaient pas à chacun d’eux d’appréhender la totalité de la problématique des déchets. L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire a regretté de ne pas avoir été mandatée pour étudier le stockage à terre des déchets solides à Mange-garri, ni pour évaluer la pollution induite par les radionucléides, à terre et en mer.

L’obsolescence de l’avis du Conseil d’administration du Parc National des Calanques, qui s’est prononcé avant la requête ministérielle d’études complémentaires.

– Le rejet par l’industriel de tout autre traitement additionnel, y compris les plus modestes solutions combinées, aux prétextes de coûts ou de délais insupportables, ne saurait être recevable alors que cette usine avait 20 ans pour se mettre en conformité, et qu’elle bénéficie d’énormes subventions ( 15 millions d’€ pour les presses + subventions diverses) et de taxations très généreuses. Et ce d’autant plus, que les Agences de l’Eau sont abondées à hauteur de 87% par les taxes sur les ménages ( +25% depuis 2007), et de seulement 6% et 7% pour les plus graves pollueurs que sont l’agriculture et l’industrie (chiffres du rapport au vitriol de la Cour des Comptes 2013).

– L’organisation pour l’enquête, d’une unique réunion publique à Gardanne, chez ceux qui perfuseront les « dépôts sauvages » d’effluents hors normes à la mer, en lieu et place des communes maritimes qui les recevront et en subiront les conséquences, est une supercherie.

Je vous prie, Monsieur le Commissaire, de bien vouloir lors de votre enquête, confirmer ou circonstancier vos désaccords avec mes avis et attendus très défavorables, concernant le nouveau procédé industriel exigeant une demande d’utilisation de la conduite à la mer pour poursuivre le rejet d’effluents hors normes, tout en occultant la problématique incontournable du stockage des déchets solides à Bouc-Bel-Air.

                                                                                           Déposé à Bouc-Bel-Air le 01-09-2015″

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